On dit et on répète que« la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. »
La liberté ne fait rien : c’est nous qui l’arrêtons. Qui « nous » ? En général, la majorité. Avec raison ou pas, mais c’est toujours la raison de la majorité ; la raison du plus fort.
« La fumée de ta cigarette nous dérange, va fumer ailleurs. » Bon sens sanitaire oblige. Un peu comme pour le pass (sanitaire nous dit-on).
Mais imaginons que l’on donnerait plus de force au droit de la minorité, alors « les plus gênés s’en vont », et le fumeur reste fumer, le non-vacciné fait un bon repas au restaurant, tout seul peut-être, mais peinard. « C’est égoïste » dit la majorité. La majorité égoïste. L’égoïsme de la majorité.
On voit bien que c’est juste une question de majorité, cette histoire de liberté qui s’arrête : qu’on arrête plutôt, que la majorité arrête, et l’on n’est plus très loin d’une arrestation, menottes ou amendes, c’est selon.
En fait, la liberté ne s’arrête pas, c’est juste la majorité qui prend… la liberté de limiter… la liberté d’une minorité.
Il y a donc une guerre des libertés, et la liberté du plus fort est toujours la meilleure, et la force se fait « droit », le droit de limiter la liberté des autres.
Tout autre chose serait de dire : « ma liberté s’harmonise à celle des autres », s’assimile celle des autres, s’accorde à celle des autres, se cultive et s’épanouit non pas contre les autres, mais parmi les autres, avec les autres.
On va alors chercher non des limitations, mais des compromis, des complémentarités : « On te laisse un espace fumeur », on aménage une distanciation qui permet de manger au restaurant, vaccinés et non-vaccinés : on concilie les égoïsmes, et du coup on les dépasse par la générosité.
A ce moment-là, comme dit Bakounine, « la liberté des autres, étend la mienne à l’infini. »
L’écrasante majorité des relations pratiquées sont programmées selon les exigences du rapport marchand : on échange une certaine valeur équivalente de socialité convenue.
La règle générale qui gouverne ces relations est leur rentabilité réciproque : chacun doit y trouver son compte.
Dans la sphère des relations amicales superficielles, qui fonctionnent selon le même modèle, devra pourtant s’y ajouter un plaisir relatif auquel chacun a intérêt, pour ne pas se sentir enfermé dans une socialité de pure forme.
«La question : « ça va ? » ne diffère de la question : « vous allez bien ? » que par le degré relatif de complicité qui s’y attache. Elle n’engage évidemment pas les individus à s’interroger sur leurs états d’être respectifs ; elle leur permet juste de s’assurer réciproquement qu’ils sont bien dans la même galère.
La relation d’amitié, extrêmement rare, sort totalement de cette mécanique régulant l’ordre sociétal (ce pourquoi elle est extrêmement rare) : elle est la rencontre de deux humanités se découvrant la même ; elle est l’émerveillement d’un voyage en soi à travers l’autre, et réciproquement.
Toute amitié naissante est le point de départ d’un nouveau monde. Il en va de même de l’amour, qui porte cette naissance à son plus haut degré d’intensité.
Il s’agit d’une déprogrammation accélérée des gestes, des paroles, des attitudes : une ivresse totale qui transporte les amoureux dans un tout autre monde, où ils voudraient volontiers emporter avec eux le monde entier.
L’amour est rupture des relations comptables, des équivalences, des conventions.
Le point de départ de la vraie révolution, c’est quand on tombe amoureux de l’humanité. Tout le reste, qui porte le même nom, n’est que la réorganisation des rapports quantifiés.
On ne tombe cependant pas souvent amoureux, que ce soit d’une âme, d’un lieu, d’un ciel ou d’une larme. Pour y parvenir, il est nécessaire de se développer en poésie : originalité, créativité, inspiration, réflexion.
Il s’agit de développer une prédisposition à détourner en toutes occasions tout rapport social ; de le faire passer imprévisiblement et instantanément du convenu à l’inattendu : d’en saisir les formes figées pour les dissoudre et les relancer là où l’humain se remet à jouer, là où l’humain est à nouveau l’enjeu.
Tout écart comportemental capable d’engendrer une complicité, même minime, nous extrait provisoirement de la société du spectacle, rétablit le vécu.
La révolution n’est rien d’autre que le détournement généralisé de toutes les formes sociales instituées dans une gigantesque récréation.
Les mots renvoient à des définitions et à des réalités : d’une part, les mots réduisent les réalités (la réalité est toujours plus vaste, plus riche que les mots qui la désigne) ; d’autre part, ils les interprètent (les mots ne sont pas neutres, mais renvoient sans le dire à des schémas culturels, qui orientent les compréhensions) ; enfin, il arrive que ces réalités changent, tandis que les mots restent les mêmes (par exemple : on appelle encore « démocratie » la servitude volontaire sous contrôle oligarchique, on appelle « science » une sélection-interprétation de faits sous conflits d’intérêts, etc.).
Bref, les mots ne disent pas la vérité de la réalité, mais rien qu’une de ses versions, qu’ils contribuent à imposer.
D’un point de vue social et politique, comme le remarquaient Debord et Vaneigem « le problème du langage est au centre de toutes les luttes pour l’abolition ou le maintien de l’aliénation présente (…). Nous vivons dans le langage comme dans l’air vicié (…). Les motstravaillent, pour le compte de l’organisation dominante de la vie. »
Pourtant, les mots ne travaillent que si on ne les fait pas jouer :
il s’agit soit d’un jeu gratuit, qui consiste à l’’extrême à dire n’importe quoi n’importe comment,
soit d’un jeu intéressé, qui vise à orienter la saisie de la réalité dans un certain sens avec une certaine visée ;
soit d’un jeu désintéressé, qui vise à approcher et peut-être atteindre une part de vérité.
Faire l’inventaire de tous les mensonges directs ou indirects égrenés depuis le début de la pandémie ne sera pas nécessaire à notre propos. Nous laissons cela à l’Histoire, qui montrera comment, en un temps record, les « dirigeants » politiques, financiers, médiatiques de tous les pays se sont unis pour terrasser mondialement toute velléité de vérité.
Le faux sans réplique
Le faux sans réplique tourne en boucle sur tous les écrans, l’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue par sa manière d’apparaître.
Les populations sont maintenant habituées à entendre un jour des affirmations péremptoires qui seront démenties le lendemain, pour être remplacées par d’autres du même genre. La raison en est, nous dit-on, que les temps changent ; en effet, les temps changent et changeront, et le ton autoritaire restera. Il doit donc, au milieu du brouillard, nous servir de repère. D’ailleurs tous les autres repères auront également en un temps record, tous été cryptés, ou détruits ou ridiculisés.
Et donc que nous dit-on ? Que la pandémie doit accaparer tous les esprits, qu’elle est La Menace qui exige de passer toutes les autres sous silence, ou au second plan ; qui exige donc que nous fassions confiance à ceux qui « dirigent », puisque la « science » les guide ; qui exige la réduction progressive des libertés extérieures, mais aussi de la liberté intérieure, désormais sans usage, puisque plus rien ne dépend de nous, mais que nous dépendons d’eux, de leurs experts, de leurs discours, de leur police.
L’avis des mots
On débat encore pour savoir si nous ne serions pas entrés en dictature, ce qui fait sourire les « dirigeants » et leurs journalistes, car nous dit-on, la dictature ce n’est pas ça.
Maintenant qu’ils ont monopolisé la réalité, pour en tester à grande échelle l’étendue des modifications possibles, il est clair que monopoliser le sens des mots n’est que la cerise sur le gâteau.
Pourtant si, nous sommes en dictature, mais là où les opposants se trompent, c’est que cela ne date pas de la pandémie. Tocqueville voyait déjà très bien, il y aura bientôt déjà deux siècles, que la tyrannie peut se faire douce, et la démocratie être la plus efficace des illusions.
La dictature du faux sans réplique a été définitivement théorisée dès 1967 par Guy Debord et elle n’a fait depuis que se renforcer, de sorte qu’en 1988, le même auteur notait que le mode spectaculaire en était victorieusement venu à s’intégrer « dans la réalité même à mesure qu’il en parlait ; et qu’il la reconstruisait comme il en parlait. »
Du bon usage des catastrophes
La nouveauté apparue avec la mise en spectacle de la pandémie, c’est que la « tyrannie douce » s’est durablement endurcie, à mesure que la réalité reconstruite s’effondre sous les assauts des catastrophes, elles bien réelles, qui affectent la réalité tout court. Évidemment, les « dirigeants » s’y attendaient : « la domination est lucide au moins en ceci qu’elle attend de sa propre gestion, libre et sans entraves, un assez grand nombre de catastrophes de première grandeur pour très bientôt » (Debord). Des banquises qui fondent, des forêts qui partent en fumée, des économies qui s’effondrent, des démocraties qui s’auto-dissolvent, des virus qui se découvrent de nouvelles identités, tout cela était prévisible, et donc prévu, et donc un tant soit peu anticipé par tous les « dirigeants » pour répondre à la seule question qui se pose réellement à eux : comment gardera-t-on le contrôle des populations, quand on perdra le contrôle de la situation ?
Les populations sidérées, hypnotisées, atomisées, commencent juste à voir apparaître les réponses, que nous allons à présent synthétiser.
La science a sens unique
Depuis La Boétie et plus récemment depuis l’expérience de Milgram, il est apparu qu’il fallait préciser les données de la soumission volontaire à l’autorité : les populations se soumettent certes parce qu’elles croient bêtement trouver leur intérêt dans les miettes qu’on leur tend du pain qu’on leur a volé, et aussi parce qu’on leur inculque très tôt les dangers de la désobéissance ; mais si tout cela perdure, c’est avant tout parce que cette autorité dispose d’un argument imparable : la science l’a dit ! Ce serait donc la « science » qui imposerait aux « dirigeants » les décisions à prendre, ce qui, au vu des contradictions, des retournements et des mensonges enfilés depuis le début de la pandémie devrait nous alerter sur la très relative fiabilité de la dite « science », mais c’est un détail. Le fond de l’affaire – l’affaire la plus juteuse du siècle -, c’est que ce n’est pas la science qui dit aux politiques ce qu’il faut faire, mais l’inverse.
Telle recherche sera privée de crédit, ou passée sous silence, ou biaisée, ou autoritairement discréditée parce qu’elle ne rapporte pas, ou parce qu’elle émane de chercheurs indépendants, et qu’elle n’implique pas ou pas assez de contrôle des populations. À l’inverse, telle modélisation catastrophiste, propice aux peurs, sera récompensée, reprise en boucle par les politiciens, diffusée jour et nuit par les journalistes vendus, tel remède sera vanté et imposé comme le seul, et rendu obligatoire, sous peine d’enfermement des populations, ou de ségrégation des récalcitrants, ou de perte de leurs revenus, et de ridiculisations sur la place publique, c’est-à-dire à la télévision, ou de répression, ou de dépressions.
Immuniser contre la vérité
Ce remède, c’est évidemment le vaccin pour tous, c’est-à-dire aussi pour ceux qui n’en ont pas besoin, c’est-à-dire l’immense majorité ; vaccin qui bénéficiera de tous les crédits nécessaires, de tous les arrangements « consensuels » de l’entre-soi des scientifiques qui tiennent à leurs crédits, à leurs postes, à leurs réputations, leurs intérêts, leurs privilèges ;sous la bénédiction d’une organisation mondiale de la santé lourdement dépendante de financements lourdement intéressés, et donc exclusivement et fanatiquement pro-vaccins ; il ne semble pas utile de citer des noms.
Une fois que l’on a écarté, discrédité, privé de moyens financiers, techniques, médiatiques, informationnels toutes les autres alternatives ;c’est chose on ne peut plus aisée que de demander aimablement aux journalistes vendus de diffuser sur tous les tons la voix de leur maître, en sélectionnant et en gonflant comme on leur a appris les chiffres qui la confirment, en écartant et en minimisant les autres, quand on n’a pas pu entièrement les passer sous silence, en s’en prenant moins aux arguments qu’aux personnes des réfractaires – chercheurs, médecins, philosophes, populations – qui refusent de se taire, etc.
À travers ce vaste dispositif de contrôle politique, médiatique et social, dont l’aspect sanitaire n’est que l’occasion qu’attendait le larron, la société du spectacle se prédispose à son ultime étape : l’effondrement ne pouvant être évité, il importe d’en spectaculariser les faits pour les rendre hypnotiques, de s’assurer ensuite du monopole et de l’unilatéralité de leur traitement technoscientifique ;d’opérer enfin la discrimination entre ceux qui auront le QR Code d’accès au « multivers » – la pseudo-réalité généralisée présentement en cours d’élaboration – et ceux qui devront tenter de survivre ; sous les ruines ; et sous les coups de matraque.
Il nous semble pour conclure qu’un modeste détail a été négligé par les orchestrateurs de cet avenir sans présent :nous laissons cependant à l’intelligence collective le soin de le trouver.
PS. Nous n’avons – volontairement – pas donné les références et les sources sur lesquelles s’appuie cette démonstration ;non qu’elles soient douteuses, tout au contraire, elles sont implacables et elles-mêmes précisément documentées. Mais, d’une part nous ne voulons pas mâcher aux lecteurs l’indispensable travail de recherche qui leur permettra d’outiller de façon libre et autonome leurs récusations du despotisme qui vient ; d’autre part nous décourageons ainsi le réflexe conditionné de l’argumentum ad personam.
It will not be necessary for our purposes to make an inventory of all the direct or indirect lies that have been told since the beginning of the pandemic. We will leave that to history, which will show how, in record time, the political, financial and media « leaders » of all countries have united to strike down any hint of truth.
Thefalse without reply
The falsehood without reply turns in loop on all the screens, the attitude that it requires by principle is this passive acceptance that it has already obtained in fact by its way of appearance.
People are now used to hearing peremptory statements one day, which will be denied the next, to be replaced by others of the same kind. The reason, we are told, is that times are changing; indeed, times are changing and will change, and the authoritarian tone will remain. It must therefore, in the midst of the fog, serve as a landmark. Besides, all other landmarks will also have been encrypted, destroyed or ridiculed in record time.
And so what are we told? That the pandemic must monopolize all minds, that it is The Threat that requires all others to be ignored, or to take a back seat; that requires us to trust those who « lead », since « science » guides them; that requires the progressive reduction of external freedoms, but also of internal freedom, now without use, since nothing depends on us anymore, but we depend on them, their experts, their speeches, their police.
The opinion of words
We are still debating whether we have not entered a dictatorship, which makes the « leaders » and their journalists smile, because we are told that dictatorship is not that.
Now that they have monopolized reality, in order to test on a large scale the extent of possible modifications, it is clear that monopolizing the meaning of words is only the icing on the cake.
But yes, we are in a dictatorship, but where the opponents are mistaken is that this does not date from the pandemic. Tocqueville already saw very well, almost two centuries ago, that tyranny can be gentle, and democracy can be the most effective of illusions.
The dictatorship of the false without reply was definitively theorized in 1967 by Guy Debord, and since then it has only become stronger, so that in 1988, the same author noted that the spectacular mode had victoriously come to be integrated « into reality itself as it spoke of it; and that it reconstructed it as it spoke of it. »
Of the good use of the catastrophes
The novelty that appeared with the pandemic’s spectacle is that the « soft tyranny » has become durably hardened, as the reconstructed reality collapses under the onslaught of the disasters, which are very real, that affect the reality itself. Obviously, the « leaders » expected it: « the domination is lucid at least in this that it expects from its own management, free and without hindrances, a rather great number of catastrophes of first magnitude for very soon » (Debord). Melting ice floes, forests going up in smoke, collapsing economies, self-dissolving democracies, viruses discovering new identities, all of this was foreseeable, and therefore foreseen, and therefore somewhat anticipated by all the « leaders » in order to answer the only question that really arises for them: how will they keep control of the populations, when they lose control of the situation?
The stunned, hypnotized, atomized populations are just beginning to see the answers appear, which we will now synthesize.
Science is a one-way street
Since La Boétie and more recently since Milgram’s experiment, it appeared that it was necessary to specify the data of the voluntary submission to authority: the populations certainly submit because they believe stupidly to find their interest in the crumbs that they are given from the bread that was stolen from them, and also because they are inculcated very early on the dangers of disobedience; but if all this persists, it is above all because this authority has an unstoppable argument: science has said it! It would therefore be « science » that would impose on the « leaders » the decisions to be taken, which, in view of the contradictions, the reversals and the lies that have been told since the beginning of the pandemic, should alert us to the very relative reliability of the said « science », but this is a detail. The bottom line is that it is not science that tells politicians what to do, but the reverse.
Such research will be deprived of credit, or passed over in silence, or biased, or authoritatively discredited because it does not pay off, or because it emanates from independent researchers, and because it does not involve or does not sufficiently involve population control. On the other hand, such catastrophic modeling, conducive to fears, will be rewarded, taken up again and again by politicians, broadcast day and night by sold-out journalists, such remedy will be praised and imposed as the only one, and made compulsory, on pain of locking up populations, or segregating recalcitrant people, or losing their income, and of being ridiculed in the public square, i.e. on television, or of repression, or of depression.
Immunizing against the truth
This remedy is obviously the vaccine for all, that is to say also for those who do not need it, that is to say the immense majority; a vaccine that will benefit from all the necessary credits, from all the « consensual » arrangements of the scientists who hold on to their credits, to their positions, to their reputations, to their interests, to their privileges; under the blessing of a World Health Organization heavily dependent on heavily self-interested financing, and therefore exclusively and fanatically pro-vaccine; it does not seem useful to mention names.
Once all the other alternatives have been discredited and deprived of financial, technical, media and informational means ; it is very easy to ask the journalists who have been sold to broadcast their master’s voice in every possible way, selecting and inflating the figures that confirm it as they have been taught to do, discarding and minimizing the others, when they have not been able to ignore them entirely, and attacking not so much the arguments as the people of the refractory – researchers, doctors, philosophers, populations – who refuse to be silenced, etc.
Through this vast device of political, media and social control, of which the sanitary aspect is only the opportunity that the thief was waiting for, the society of the spectacle prepares itself for its ultimate stage: since the collapse cannot be avoided, it is important to spectacularize the facts in order to make them hypnotic, to ensure the monopoly and the unilaterality of their techno-scientific treatment; to finally discriminate between those who will have the QR code to access the « multiverse » – the generalized pseudo-reality currently being elaborated – and those who will have to try to survive; under the ruins; and under the blows of the truncheon.
It seems to us to conclude that a modest detail has been neglected by the orchestrators of this future without a present: we leave it to the collective intelligence to find it.
PS. We have – voluntarily – not given the references and sources on which this demonstration is based; not that they are doubtful, on the contrary, they are implacable and themselves precisely documented. But, on the one hand, we do not want to burden the readers with the indispensable research work that will allow them to freely and autonomously tool their challenges to the despotism that is coming; on the other hand, we thus discourage the conditioned reflex of the argumentum ad personam.
« Les arts futurs seront des bouleversements de situations, ou rien.« Debord, Prolégomènes à tout cinéma futur.
La production cinématographique est aujourd’hui pour la grande majorité une production artistique séparée.
Que faut-il entendre par là ? Que le la majorité de la production cinématographique aujourd’hui soutient les rapports spectaculaires de la société, les médiatise. Tout ce qui pourrait directement se vivre est éloigné dans une représentation et se vit dans celle-ci. Les rapports sociaux sont corrompus. La majorité de la production cinématographique actuelle entretient les rapports sociaux spectaculaires en fournissant des manières d’interagir, une représentation corrompue du réel qui sera prise pour argent comptant. Peu importe que de vieilles idées soient renversées par de nouvelles si ces nouvelles entretiennent la même séparation. Les différents points de vues médiatiques qui se font la lutte n’ont comme but que celui de s’emparer des rapports sociaux pour enrichir leur fond commun : le spectacle.
Pourquoi s’attaquer au cinéma et non pas à la littérature ? Parce que le cinéma en tant qu’art presque total ( de part le fait qu’il peut utiliser les autres arts ) possède une force de persuasion bien supérieure à d’autres arts. De plus, il est sans conteste (avec la musique) l’art le plus populaire de nos jours, dans les sociétés occidentales.
Les termes et les raisons d’être de ce texte ayant étés précisés, il est temps d’exposer notre point de vue. La production cinématographique entretenant les rapports spectaculaires et la séparation, il faut lui opposer une nouvelle théorie, un nouveau guide, de nouveaux panneaux d’indication pour créer un cinéma réellement poétique. Il ne s’agit pas de créer un dogme ou un cadre figé. Ceux-ci meurent quand leurs auteurs les abandonnent, Lars Von Trier en sait quelque chose. Il ne s’agit pas non plus de créer une doctrine à l’instar du réalisme socialiste car celles-ci deviennent tyranniques et meurent avec les idées. Il s’agit de continuer le mouvement du réel, de le réveiller là où il sommeille. Ce n’est pas un mouvement organisé mais l’expression des forces vitales de chacun et du tout, de tous. S’il fallait résumer ce mouvement en une phrase nous dirions: le cinéma doit s’atteler à retrouver, à découvrir la poésie qui subsiste dans le réel pour l’opposer implicitement à la séparation spectaculaire.
Chaque partie de cette phrase est importante. « Le cinéma doit s’atteler », c’est en effet son rôle historique, en pied de nez à la société spectaculaire, pour lui faire face. « À retrouver, à découvrir la poésie qui subsiste dans le réel » Comme l’énonce une célèbre chanson nous vivons dans un monde désenchanté. Nous semblons relativement libres mais cette liberté n’a ni fondements, ni buts. La poésie s’essouffle face aux assauts de l’industrie, des conséquences de la séparation. Même les meilleures productions artistiques nous vendent une poésie séparée qui entretient les rapports spectaculaires. Néanmoins, nous croyons qu’en tant qu’humains nous sommes toujours capables d’être spirituels, d’être poétiques. Ilsubsiste, survit une poésie, postmoderne peut être, mais une poésie malgré tout.
« Pour l’opposer implicitement à la séparation spectaculaire » Il ne s’agit pas ici de s’attaquer de front à la société spectaculaire. Cela serait verser dans le militantisme idéologique. Il s’agit de s’opposer à la société spectaculaire, de proposer une alternative en la refusant, en la niant. Montrer qu’une autre relation à la poésie, un autre usage de l’art existe, unifié au réel. Il s’agit de dé-spectaculariser le cinéma, lui enlever l’emprise passive qu’il a sur le réel, tout comme il faut dé-politiser le réel pour sortir de cette emprise totalitaire qu’a aujourd’hui la réflexion politique vide sur nos vies. C’est un autre débat mais intimement lié. Dépolitiser le réel est le seul acte politique valable tout comme dé- spectaculariser l’art est le seul moyen de s’opposer à l’art séparé, l’art de la séparation.
Rappelons juste que ces considérations théoriques et pratiques ne visent pas à un être un diktat, à désigner une fois pour toute la manière « correcte » de faire du cinéma. Ces considérations visent à proposer une manière de penser et de faire un cinéma plus proche de la poésie du réel mais cela n’englobe pas tout le cinéma possible et imaginable.
Ces premières considérations théoriques ayant été posées, passons maintenant à l’explicationpratique, à la manière d’être de ce mouvement.
Il ne s’agit pas de fixer dans le marbre des règles à appliquer à chaque création cinématographique. Chacun doit pouvoir trouver sa voie, sa façon de réaliser. Il s’agit de transmettre des pistes et un état d’esprit via des possibilités, des exemples, qui pourront être repris, délaissés, améliorés. L’important est de saisir cet état d’esprit :
Le scénario pourrait être réduit à quelques lignes directrices que les acteurs devront étoffer grâce à l’improvisation qui les pousserait à se comporter réellement. On peut penser au film Out 1 de Jacques Rivette où les acteurs n’avaient que des lignes directrices lors du tournage, ce qui a donné un des films les plus réalistes, voire le plus réaliste du 20ème siècle.
Se concentrer sur les situations du quotidien, afin d’en transmettre la poésie au lieu de faire vainement rêver, de contribuer à un rêve séparé du réel.
Des artifices techniques réduits permettent de se cantonner uniquement à une représentation telle qu’elle est vécue réellement au quotidien sans fioritures inutiles. S’il faut sublimer un passage avec de la musique pour ajouter la touche d’émotion ou « transcendantale » ( par exemple lors d’un passage « spirituel » ) que les images seules ne peuvent véhiculer, mieux vaut utiliser une musique simple et « brute » ( au sens où la musique n’est pas « surchargée » et est directement reliée à une sensation, par exemple de la noise pour la rage, de l’ambient pour la transe etc… ). Néanmoins mieux vaut ne pas abuser de l’usage de la musique pour éviter de créer de « fausses situations », de sublimer faussement des évènements, de faire croire à des sensations que nul ne vit réellement.
Il est recommandable de s’attarder sur les choses : en opposition à la vitesse de ces temps spectaculaires il faut pouvoir s’attarder sur ce qui est filmé, sur le sens des images afin d’en dévoiler la beauté, la richesse. Point d’empressement. On peut penser au film Ten Skies de James Benning qui s’attarde sur le ciel, nous en révèle la beauté, la profondeur, la magie. L’image devra donc retrouver sa simple réalité d’image, en perdant sa pseudo-réalité : renvoyer à la réalité, en transperçant la couche spectaculaire. Quand le film montrera la lune, le spectateur sortira du film, pour retrouver la lune.
Il faudrait également associer des images, des idées afin de transmettre par un langage « surréaliste » les connexions poétiques qui se font de nos jours. Des trois points précédents nous pouvons imaginer qu’un cinéma qui voudra insister et transmettre une situation spirituelle pourra être un cinéma onirique, dilué dans le temps, surréaliste, « flottant » pour rapprocher de l’extase spirituelle et transcendantale. Contre le cinéma sensationnaliste, faire surgir la lourdeur universelle de l’ordinaire mais, dans le même mouvement, contre le cinéma réaliste, faire surgir l’extra de l’ordinaire.
Si The truman show révélait la facticité ambiante du point de vue de la vérité existentielle venant à surgir, le cinéma qui vient révèlera la vérité existentielle du point de vue de la facticité venant à s’interrompre : The falseman reality.
Theoretical and practical sketches for a radical detour of the cinematographic creation.
« The future arts will be upheavals of situations, or nothing. » Debord, Prolegomena to all future cinema.
Film production today is for the vast majority a separate artistic production. What does this mean? That the majority of cinematographic production today supports the spectacular relationships of society, mediates them. Everything that could be experienced directly is removed in a representation and is experienced in it.
The social relations are corrupted. The majority of the current cinematographic production maintains the spectacular social relations by providing ways of interacting, a corrupted representation of reality that will be taken for granted. It doesn’t matter if old ideas are overturned by new ones if these new ones maintain the same separation. The different media points of view that are fighting each other have only one goal: to seize social relationships to enrich their common background: the spectacle. Why to attack the cinema and not the literature? Because cinema, as an almost total art (because it can use the other arts), has a persuasive force that is far superior to other arts. Moreover, it is unquestionably (with music) the most popular art nowadays, in Western societies. The terms and the reasons for the existence of this text having been specified, it is time to expose our point of view. The cinematographic production maintaining the spectacular relations and the separation, it is necessary to oppose it a new theory, a new guide, new signs of indication to create a really poetic cinema. It is not a question of creating a dogma or a fixed framework. These die when their authors abandon them, Lars Von Trier knows something about that. It is not a question of creating a doctrine like socialist realism because these become tyrannical and die with the ideas. It is a matter of continuing the movement of reality, of awakening it where it slumbers.
It is not an organized movement but the expression of the vital forces of each and everyone. If we had to summarize this movement in one sentence, we would say: cinema must work to find, to discover the poetry that remains in the real to implicitly oppose the spectacular separation.
Each part of this sentence is important. « Cinema must work » is indeed its historical role, in a nod to the spectacular society, to confront it. « To find, to discover the poetry that remains in reality » As a famous song says, we live in a disenchanted world. We seem to be relatively free but this freedom has neither foundations nor goals. Poetry is running out of steam in the face of the onslaught of industry, the consequences of separation. Even the best artistic productions sell us a separate poetry that maintains spectacular relationships. Nevertheless, we believe that as humans we are still capable of being spiritual, of being poetic. Theyubsist, a poetry survives, postmodern perhaps, but a poetry nevertheless. « To oppose it implicitly to the spectacular separation « It is not a question here of attacking the spectacular society head on. That would be to pour in the ideological militancy. It is a question of opposing the spectacular society, of proposing an alternative by refusing it, by denying it. To show that another relation to the poetry, another use of the art exists, unified to the real. It is a question of de-spectacularizing the cinema, to remove the passive hold that it has on the real, just as it is necessary to de-politicize the real to leave this totalitarian hold that has today the empty political reflection on our lives. It is another debate but intimately linked. To depoliticize the real is the only valid political act just as to despectacularize the art is the only means to oppose the separated art, the art of the separation. Let’s just remember that these theoretical and practical considerations do not aim to be a diktat, to designate once and for all the « correct » way of making cinema. These considerations aim at proposing a way of thinking and making a cinema closer to the poetry of reality, but this does not include all possible and imaginable cinema. These first theoretical considerations having been posed, let us now pass to the practical explanation, to the way of being of this movement. It is not a question of setting in stone rules to be applied to each cinematographic creation. Everyone must be able to find their own way, their own way of achieving. It is a question of transmitting tracks and a state of mind via possibilities, examples, which can be taken up, abandoned, improved. The important thing is to grasp this state of mind: – The script could be reduced to a few guidelines that the actors will have to flesh out thanks to the improvisation that would push them to really behave. One can think of Jacques Rivette’s film Out 1 where the actors were left to their own devices during the shooting, which resulted in one of the most realistic films of the 20th century. – Focusing on everyday situations, in order to transmit their poetry instead of vainly making people dream, contributing to a dream separated from reality. – Reduced technical artifices allow us to confine ourselves only to a representation such as it is really lived in everyday life without useless embellishments. If it is necessary to sublimate a passage with music to add the touch of emotion or « transcendental » (for example during a « spiritual » passage) that images alone cannot convey, it is better to use simple and « raw » music (in the sense that the music is not « overloaded » and is directly linked to a sensation, for example noise for rage, ambient for trance etc.). Nevertheless, it is better not to abuse the use of music to avoid creating « false situations », to falsely sublimate events, to make people believe in sensations that no one really experiences. – It is advisable to linger on things: in opposition to the speed of these spectacular times, it is necessary to be able to linger on what is filmed, on the meaning of the images in order to reveal their beauty, their richness. No hurry. We can think of the film Ten Skies by James Benning which lingers on the sky, revealing its beauty, its depth, its magic. The image will have to find its simple reality of image, by losing its pseudo-reality: to return to the reality, by transpiercing the spectacular layer.
When the film shows the moon, the spectator will leave the film, to find the moon. – It would also be necessary to associate images, ideas in order to transmit by a « surrealist » language the poetic connections that are made nowadays. From the three previous points we can imagine that a cinema that wants to insist and transmit a spiritual situation could be a dreamlike cinema, diluted in time, surrealist, « floating » to bring closer to the spiritual and transcendental ecstasy. – Against sensationalist cinema, to bring out the universal heaviness of the ordinary but, in the same movement, against realistic cinema, to bring out the extra of the ordinary. – If The Truman Show revealed the ambient facticity from the point of view of the existential truth coming to arise, the cinema that is coming will reveal the existential truth from the point of view of the facticity coming to be interrupted: The falseman reality.
Il va de soi que la domination existe et ne se prive pas de s’exercer aux quatre coins du monde, qu’elle est lourdement équipée, et qu’elle dispose de marges de manœuvres, y compris de basses manœuvres.
Debord dans les Commentaires sur la société du spectacle consacre une large place à l’analyse du fonctionnement des pouvoirs en place.
Mais, écrit-il, « Il faut pourtant ajouter, à la liste des triomphes du pouvoir, un résultat pour lui négatif : un État, dans la gestion duquel s’installe durablement un grand déficit de connaissances historiques, ne peut plus être conduit stratégiquement. »
En effet, quand l’histoire devient hermétique à ceux qui s’en veulent les figures présentes, c’est alors l’ensemble de leurs actions qui sont affectées par ce déficit : ils naviguent à vue en pleine nuit sur ce Titanic qui a déjà heurté la réalité et commencé de couler.
Ils affectent d’être aux commandes, mais celles-ci ne répondent plus ; ou bien leur répondent avec le froid mépris du désastre angoissant qui s’accomplit.
Les pouvoirs en sont donc réduits à trancher à l’aveugle, sans pouvoir mesurer vraiment ni les causes, ni les conséquences, quant aux décisions toujours plus urgentes qu’il faudra prendre dans tous les domaines.
Certes ils disposent comme jamais dans le passé d’une masse démente de paramètres réglés sur la perpétuation de leur domination, mais ils se heurtent à chaque fois, comme le relève aussi Debord, à la « contradiction entre la masse des informations relevées sur un nombre croissant d’individus, et le temps et l’intelligence disponibles pour les analyser ; ou tout simplement leur intérêt possible. L’abondance de la matière oblige à la résumer à chaque étage : beaucoup en disparaît, et le restant est encore trop long pour être lu. La conduite de la surveillance et de la manipulation n’est pas unifiée. Partout en effet, on lutte pour le partage des profits ; et donc aussi pour le développement prioritaire de telle ou telle virtualité de la société existante, au détriment de toutes ses autres virtualités. »
De sorte que les rivalités des pouvoirs de toutes sortes leur font continuellement miroiter l’espoir d’une « espèce d’hégémonie » qui se trouve, ajoute-t-il, « privée de sens. Car le sens s’est perdu avec le centre connaissable. »
Le spectacle ne nous aura sans doute rien épargné, mais il ne s’est pas arrêté aux portes des Palais : là-bas aussi, l’illusion sert de boussole.
It is true that Debord, in his Commentaries on the Society of the Spectacle, devotes a great deal of space to the analysis of the functioning of the powers that be. But, he writes, « We must, however, add to this list of the triumphs of power a result that is negative for him: a state, in the management of which a great deficit of historical knowledge is permanently installed, can no longer be led strategically. « Indeed, when history becomes hermetic to those who want to be its present figures, it is then all of their actions that are affected by this deficit: they are navigating by sight in the middle of the night on this Titanic that has already hit reality and started to sink. They pretend to be in control, but the controls no longer respond; or they respond with cold contempt for the agonising disaster that is taking place. The powers that be are thus reduced to making blind decisions, without being able to really measure either the causes or the consequences of the increasingly urgent decisions that need to be taken in all areas. Of course, they have at their disposal, as never before, an insane mass of parameters set to perpetuate their domination, but they come up against each time, as Debord also points out, the « contradiction between the mass of information gathered on a growing number of individuals, and the time and intelligence available to analyse it; or quite simply its possible interest. The abundance of material obliges one to summarise it at every level: much of it disappears, and the rest is still too long to read. The conduct of surveillance and manipulation is not unified. Everywhere, in fact, there is a struggle for the sharing of profits; and thus also for the priority development of this or that virtuality of the existing society, to the detriment of all its other virtualities. « So that the rivalries of powers of all kinds continually hold out the hope of a « kind of hegemony » which is, he adds, « deprived of meaning. For meaning has been lost with the knowable centre. « The show will no doubt have spared us nothing, but it did not stop at the gates of the Palaces: there too, illusion serves as a compass.
En moins de deux siècles le capitalisme a dévasté la planète et dérèglé la totalité des relations vivantes.
Ce faisant, il a certainement manifesté la puissance ingénieuse de l’espèce humaine, mais sous le seul trait de l’impérialisme technoscientifique.
De sorte que l’espèce humaine se dresse avec toujours plus d’hostilité face à la totalité naturelle, que ni la technique ni la science ne sauraient réduire, et que celle-ci le lui rend bien, sous la forme de catastrophes en tous genres.
Un virus comme le Covid 19 fait bien évidemment partie de ces catastrophes, qu’il ait été directement ou indirectement produit ou simplement induit par le développement industriel et totalitaire de la technoscience.
En bref, plus l’emprise technoscientifique s’étend, plus elle dévaste et dérègle tout, plus augmentent alors les catastrophes, sur lesquelles il devient impérieux d’étendre l’emprise technoscientifique, parce qu’elle est la seule réponse concevable par le système, réponse dont la logique exclusive et excluante augmentera toujours plus le dérèglement de tout. Et ainsi de suite.
Pour faire face à l’hostilité « naturelle » qu’elle a elle-même produite ou induite, l’emprise technoscientifique doit devenir elle-même toujours plus agressive, et pour finir plus intrusive.
Sa seule perspective finale, totalement utopique, est la mise au pas progressive de la nature, du génome en particulier, et de l’humanité, de la liberté en particulier.
La science séparée doit tout contrôler, la technique séparée doit tout remplacer.
En suivant cette logique sécessionniste, qui est la seule à sa portée, le système parvient à soulager temporairement le mal, mais toujours en l’aggravant.
C’est évidemment aussi dans cette logique que s’inscrit la parade vaccinale : parade dans les deux sens du terme : à la fois mise en scène spectaculaire et arme de défense ponctuelle.
On fera donc sans doute reculer un virus, mais aussi la naturalité des défenses immunitaires ; on préservera ainsi le paradigme économique mortifère, qui libérera demain d’autres virus.
Le remède temporaire doit simplement permettre au système de durer, induisant des situations toujours plus chaotiques, nécessitant une emprise technoscientifique accrue, nécessairement assortie d’un contrôle sociétal toujours plus poussé, dont la légitimité autoritaire n’échappera pas au plus grand nombre, puisque toute emprise sur sa propre vie lui a, depuis longtemps déjà, été démocratiquement retirée.
Aucune alternative réaliste n’est possible à ce scénario à marche forcée, sinon de sortir clairement du paradigme technoscientifique, ce qui n’est pas une mince affaire, car cela engage non seulement la totalité des formes sociétales connues, mais aussi et surtout – et avant tout – une transformation en profondeur de notre philosophie existentielle. Le totalitarisme technoscientifique dont nous vivons les aimables commencements exige une rupture civilisationnelle radicale à côté de quoi la Renaissance a quelque chose d’anecdotique.
Les diverses oppositions et résistances à ce qu’on appelle présentement la « dictature sanitaire » traduisent confusément cette prise de conscience de la nécessité d’une rupture radicale : rupture qui, pour devenir effective, devra s’opérer dans la plus profonde intimité des consciences.
S’il est vrai que « sous le spectaculaire intégré, on vit et on meurt au point de confluence d’un très grand nombre de mystères » (Debord), la réappropriation de nos vies commence par la re-création du sens de la vie.
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What is the vaccine parade a symptom of?
In less than two centuries, capitalism has devastated the planet and disrupted the totality of living relationships.
In doing so, it has certainly manifested the ingenious power of the human species, but only in the form of techno-scientific imperialism.
In this way, the human species is increasingly hostile to the natural totality, which neither technology nor science can reduce, and the latter returns it well, in the form of catastrophes of all kinds.
A virus like Covid 19 is obviously part of these catastrophes, whether it has been directly or indirectly produced or simply induced by the industrial and totalitarian development of technoscience.
In short, the more the techno-scientific hold extends, the more it devastates and disrupts everything, the more the catastrophes increase, on which it becomes imperative to extend the techno-scientific hold, because it is the only answer conceivable by the system, an answer whose exclusive and excluding logic will always increase the disruption of everything. And so on.
To face the « natural » hostility that it has itself produced or induced, the techno-scientific hold must itself become ever more aggressive, and finally more intrusive.
Its only final perspective, totally utopian, is the progressive control of nature, of the genome in particular, and of humanity, of freedom in particular.
Separate science must control everything, separate technology must replace everything.
By following this secessionist logic, which is the only one within its reach, the system succeeds in temporarily alleviating the evil, but always by aggravating it.
It is obviously also in this logic that the vaccine parade fits in: a parade in both senses of the term: both a spectacular staging and a punctual defense weapon.
We will undoubtedly reduce a virus, but also the naturalness of the immune system; we will thus preserve the deadly economic paradigm, which will release other viruses tomorrow.
The temporary remedy must simply allow the system to last, inducing ever more chaotic situations, requiring an increased techno-scientific hold, necessarily accompanied by an ever more advanced societal control, the authoritarian legitimacy of which will not escape the majority of people, since any hold on their own lives has, for a long time already, been democratically withdrawn.
No realistic alternative is possible to this forced march scenario, except to clearly leave the techno-scientific paradigm, which is no small matter, because it involves not only the totality of the known societal forms, but also and above all – a profound transformation of our existential philosophy. The techno-scientific totalitarianism of which we are living the pleasant beginnings requires a radical civilizational rupture, beside which the Renaissance has something of anecdote.
The various oppositions and resistances to what is currently called the « sanitary dictatorship » are a confused expression of this awareness of the necessity of a radical rupture: a rupture which, in order to become effective, will have to take place in the deepest intimacy of consciousness.
If it is true that « under the integrated spectacular, we live and die at the confluence of a great number of mysteries » (Debord), the reappropriation of our lives begins with the re-creation of the meaning of life.