No book had so far attacked so directly the true god of this world.
None had so cruelly exposed the mechanisms of the planetary superstition, the foundations of the globalized wage racket.
Incisive and hard-hitting, this short text overturns all common beliefs concerning the pseudo-wealth of the rich, the pseudo-value of value, the pseudo-legitimacy of domination.
The strength of the coming insurrections will lie in their radical understanding of the mirages and ravages of the economic sham.
This little book hopes to contribute to this.
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Technical details :
Bilingual book (French-English), 84 pages, published in the « Nova/bilingual » collection of the “Éditions Contrelittérature”. International diffusion.
« Our position in relation to Amazon obeys an editorial strategy of camouflage and smuggling: no distributor-diffuser contacted (Hobo, Pollen, Belles Lettres, Harmonia Mundi, etc.) having so far responded to our repeated solicitations, it is for us a matter of being there, in spite of everything, present in our very singularity. »
Aucun livre ne s’en était pris jusqu’ici aussi directement au véritable dieu de ce monde.
Aucun n’avait aussi crument exposé les mécanismes de la superstition planétaire, les fondements du racket salarié mondialisé.
Incisif, et percutant, ce court texte renverse la totalité des croyances communes concernant la pseudo-richesse des riches, la pseudo-valeur de la valeur, la pseudo-légitimité de la domination.
La force des insurrections à venir tiendra dans leur compréhension radicale des mirages et des ravages de l’imposture économique.
Ce petit livre espère y contribuer.
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Fiche technique :
Ouvrage bilingue (Français-Anglais), 84 pages, publié dans la collection « Nova/bilingue » des Éditions Contrelittérature. Diffusion internationale
Prix :12 euros.
Pour se le procurer :
Auprès de tout bon libraire, en France et à l’international, à partir de fin janvier.
Directement auprès de l’éditeur par chèque ou via Paypal : Contrelittérature, L’ancien presbytère, 28170 Saint Ange (port gratuit). A noter que pour être certain(e) d’obtenir votre exemplaire, il est d’ores et déjà possible de le commander.
Nous vous présentons quelques brefs extraits du livre. Il sera disponible sur commande dans toutes les librairies en France et à l’international à partir du 23 janvier. Pour l’instant, on peut déjà le commander via Amazon.
Extraits :
La valeur monétaire d’une chose n’est pas déterminée par le temps de travail qu’elle nécessite, ni par sa rareté, ni par le besoin qu’on a d’elle. Si elle l’est, c’est parce que nous donnons une valeur monétaire à ce temps de travail, à cette rareté, à ce besoin. La valeur monétaire d’une chose n’existe tout simplement pas. Bien sûr, si l’eau devient rare, elle prendra beaucoup de valeur, mais cela ne détermine en rien son prix. C’est nous qui déterminons son prix. Et ce prix va priver tous ceux qui ne peuvent le payer de cette chose vitale. C’est comme ça que la valeur monétaire fausse la réalité. La réalité, ce n’est pas que certains – les riches – ont besoin d’eau. Tout le monde a besoin d’eau. La réalité, ce n’est pas qu’il est légitime que seuls les riches boivent. La réalité, c’est qu’il y a peu d’eau et qu’il faut prendre une décision tous ensemble par rapport à ce fait. L’argent est ce qui nous prive de décision. Sauf les riches bien sûr. L’argent, c’est quand les riches décident. Décident du prix de l’eau et du reste.
(…)
Les riches vivent dans une réalité illusoire, déconnectée de la vraie réalité. Par exemple, s’il manque d’eau, ils croient qu’ils ont légitimement le droit de posséder, d’user et d’abuser de l’eau, parce qu’ils la payent. La réalité humaine générale du manque d’eau n’a aucune légitimité pour eux.
La légitimité est tout entière annexée par la légalité économique. L’essence de l’argent est l’annexion du monde par les riches.
L’économie n’est rien d’autre que le traité de stratégie militaire qui permet aux riches d’annexer à l’argent l’esprit des hommes.
(…)
L’argent a dévalisé le monde de tout, de sorte que le monde est vide, sans intérêt, désenchanté – à moins d’avoir de l’argent. Et quand on a de l’argent, ce n’est pas pour vivre le monde, qui n’est plus rien sinon de façon inessentielle, périphérique, mais pour vivre l’argent, pour participer à la représentation universelle de la richesse. Le riche est celui qui sent non pas qu’il est riche, car il n’est riche de rien, sinon de façon inessentielle, périphérique, mais celui qui sent qu’il représente la richesse.
(…)
C’est seulement après des millénaires de pillage des communautés existantes, c’est-à-dire le plus souvent, des exploiteurs locaux, que les marchands se virent contraints de se saisir eux-mêmes de la sphère de l’exploitation. Et ceci pour une double mais simple raison : ils ont ruiné tous ceux qu’ils pillaient ; le pullulement de leur classe prospère les contraint à une concurrence féroce malgré le développement universel du marché. C’est donc une fois solidement établie la célébrité de l’argent comme ce qui a seul le pouvoir universel de réaliser la pensée des choses, une fois la toute-puissance de l’argent bien assurée, toute-puissance qui consiste uniquement dans la mise en spectacle millénaire et mondiale de sa toute-puissance, que le capitaliste peut se lancer lui-même dans l’exploitation en y introduisant le calcul des coûts de production. Le capitaliste ne peut calculer un coût qu’une fois que l’argent est bien présent comme idée dans toute chose. C’est seulement lorsque presque tout a été transformé en marchandises, en choses qui pensent, que l’exploitation proprement marchande peut débuter.
(…)
La marchandise, que le salarié convoite, est ce qui permet à la richesse de se pavaner. La marchandise est ce qui fait briller un temps la richesse aux yeux de tous les spectateurs ; le temps que s’effectue l’achat. Aussitôt achetée, la marchandise perd son éclat, perd totalement ce qui la faisait briller. Prestigieuse derrière la vitrine, vulgaire dès qu’elle rentre chez le consommateur. Car la richesse s’échappe de la marchandise, l’abandonne à sa trivialité, à l’instant même où la transaction s’effectue. Et c’est évidemment l’argent, la richesse jamais satisfaite parce que totalement abstraite, qui va ensuite permettre de produire de nouvelles marchandises ; c’est la richesse jamais satisfaite qui va pouvoir continuellement être réinjectée dans de nouveaux objets pour les faire briller. Et ainsi de suite.
(…)
Telle est la force corrosive de l’illusion : les riches croient se protéger de la laideur alors que leur laideur transparaît toujours plus aux yeux de tous ; conséquemment, les pauvres du monde entier croient de moins en moins les riches ; moins ils les croient, plus l’alchimie secrète opère ; plus se reforment les peuples en tant que seule force universelle capable de ramener le vrai dans le monde.
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We present you some short extracts of the book. It will be available for order in all bookstores in France and abroad from January 23rd. It will be available for order in all bookstores in France and abroad from January 23rd. For the moment, it can already be ordered through Amazon.
Excerpts:
The monetary value of a thing is not determined by the amount of work it takes, nor by its scarcity, nor by the need for it. If it is, it is because we give a monetary value to this work time, to this scarcity, to this need. The monetary value of a thing simply does not exist. Of course, if water becomes scarce, it will become very valuable, but this does not determine its price. We determine its price. And that price will deprive all those who cannot afford it of this vital thing. This is how monetary value distorts reality. The reality is not that some people – the rich – need water. Everyone needs water. The reality is not that it is legitimate for only the rich to drink. The reality is that there is little water and we all need to make a decision about that fact. Money is what takes away our decision. Except for the rich, of course. Money is when the rich decide. They decide the price of water and everything else.
(…)
The rich live in an illusory reality, disconnected from the real reality. For example, if there is a shortage of water, they believe that they have a legitimate right to possess, use and abuse water, because they pay for it. The general human reality of water scarcity has no legitimacy for them.
Legitimacy is entirely annexed by economic legality. The essence of money is the annexation of the world by the rich.
The economy is nothing more than the military strategy treaty that allows the rich to annex the minds of men to money.
(…)
Money has robbed the world of everything, so that the world is empty, pointless, disenchanted – unless you have money. And when one has money, it is not to live the world, which is no longer anything but inessential, peripheral, but to live money, to participate in the universal representation of wealth. The rich man is the one who feels not that he is rich, because he is rich of nothing, except in an inessential, peripheral way, but the one who feels that he represents wealth.
(…)
It is only after millennia of plundering existing communities, i.e. mostly local exploiters, that the merchants were forced to take over the sphere of exploitation themselves. And this for a double but simple reason: they ruined all those they plundered; the pullulation of their prosperous class forced them to fierce competition despite the universal development of the market. Once the fame of money as the only thing that has the universal power to realize the thought of things has been firmly established, once the omnipotence of money has been assured, an omnipotence that consists solely in the millennial and worldwide spectacle of its omnipotence, the capitalist can launch himself into exploitation by introducing the calculation of the costs of production. The capitalist can only calculate a cost once money is present as an idea in everything. Only when almost everything has been transformed into commodities, into things that think, can exploitation proper to the market begin.
(…)
The commodity, which the wage earner covets, is what allows wealth to strut its stuff. The commodity is what makes wealth shine for a time in the eyes of all the spectators; the time it takes for the purchase to take place. As soon as it is bought, the merchandise loses its shine, loses everything that made it shine. Prestigious behind the window, vulgar as soon as it enters the consumer’s home. Because wealth escapes from the merchandise, abandoning it to its triviality, at the very moment the transaction is carried out. And it is obviously money, the wealth that is never satisfied because it is totally abstract, that will then allow the production of new goods; it is the wealth that is never satisfied that will continually be reinjected into new objects to make them shine. And so on.
(…)
Such is the corrosive force of illusion: the rich believe they are protecting themselves from ugliness, while their ugliness is becoming more and more apparent to everyone; consequently, the poor of the whole world believe the rich less and less; the less they believe them, the more the secret alchemy operates; the more the peoples are reformed as the only universal force capable of bringing back the truth into the world.
Le salariat est le viol généralisé de l’activité humaine, la déshumanisation du travailleur, dont l’activité consiste seulement à adopter 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘧𝘰𝘯𝘵 𝘫𝘰𝘶𝘪𝘳 𝘭’𝘢𝘳𝘨𝘦𝘯𝘵, positions fameusement décrites par le jeune Marx dans ses célèbres Manuscrits de 1844 : « le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son essence… dans le travail, celui-ci ne s’affirme pas, mais se nie, ne se sent pas à l’aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit… Le travail extérieur, le travail dans lequel l’homme s’aliène, est un travail de sacrifice de soi, de mortification… L’activité de l’ouvrier n’est pas son activité propre. Elle appartient à un autre, elle est la perte de soi-même ».
Généalogie du dieu argent, 𝘗𝘳é𝘧𝘢𝘤𝘦 (extrait).
Extract of the film « Les Temps Modernes »
Wage-labor is the generalized rape of human activity, the dehumanization of the worker, whose activity consists only in adopting positions that make money happy, positions famously described by the young Marx in his well-known 1844 Manuscripts: « labor is external to the worker, that is, it does not belong to his essence…in labor the worker does not assert himself, but denies himself, does not feel at ease, but unhappy, does not deploy free physical and intellectual activity, but mortifies his body and ruins his mind…External labor, the labor in which man alienates himself, is a labor of self-sacrifice, of mortification…The worker’s activity is not his own activity. It belongs to another, it is the loss of oneself.»
On s’est demandé ce que des humains en si grand nombre ont bien pu placer dans ce mot de « dieu » devenu quasiment imprononçable, et pas seulement pour des athées. Une infinité de choses en fait, allant du meilleur au pire. Pouvoir, tromperie, superstition, manipulation, projections, infantilisme, opium du peuple, et puis – virage -, douceur, élévation, contemplation, intimité grandiose, sentiment cosmique, amour. Amour ! Voilà encore un mot douteux ; vendu, bradé, séparé, déchiqueté, inversé. Il faudrait un jour faire un grand silence, plus vaste que tous les océans.
On a pensé à Spinoza, et à ce qu’il appelait « Dieu ou la Nature », et à ce qu’il en disait : « par réalité et par perfection, j’entends la même chose ». Il s’agirait donc de la pleine réalité existant en tant que « cause libre » – de la nature de laquelle découleraient – comme son déploiement -, toutes les nécessités, tous les déterminismes, comme autant d’attributs ; pourquoi pas, ce n’est pas si difficile à comprendre, les humains en recueillent quelques bribes en langage mathématique.
Mais qui donc peut ne serait-ce qu’ânonner trois mots plausibles à propos de cette chose si étonnante : la réalité ? Qui donc peut en mesurer la « longueur », la « largeur » et la « hauteur » sans sentir le ridicule de son échelle de mesure : les limites et les distorsions de nos perceptions et de nos instruments, du langage et du savoir humains ? Sans parler des intérêts, jamais très hauts ni très beaux, attachés à nos compréhensions.
On commençait ici à comprendre pourquoi d’anciens textes se refusaient à nommer quoi que ce soit à cet « endroit » à l’envers de toute finitude, pourquoi d’autres se bornaient à évoquer ce qui se trouve « très haut » dans un sens radicalement vertigineux.
Pourtant, d’autres textes, ou parfois les mêmes en certains endroits, évoquaient aussi une connexion avec ces « dimensions » si éloignées de toute commune mesure et compréhension humaines, et pourtant plus proches de nous que nous ne pourrons jamais l’être.
Nous ne ferons pas de liste, mais nous parlons d’une préoccupation irréductible de l’esprit – et du corps aussi – qui se rencontre chez des personnes de toutes sortes de traditions, qualifiées de « mystiques », de poètes, et d’autres noms encore, comme autant de prisons.
Il nous est apparu aussi que cette connexion affectait la façon d’être, les relations des peuples premiers, des communautés de chasseurs cueilleurs ; leurs relations entre eux, et avec les êtres non-humains, si tant est que cette distinction ait un sens (et lequel ?). François d’Assises parle de ses frères les oiseaux, chez les Achuar, les plantes et les animaux viennent s’entretenir avec les humains dans leurs rêves, et selon Rûmî, « tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi ».
Encore ce même vertige, qui emporte nos repères, nos habitudes, dont il ne reste rien, si vient l’extase.
Emma Orbach, la sage et folle dame qui vit sous une tente comme on vivrait dans les étoiles, ne mange ni ses poules ni ses chèvres : « je ne mange pas mes amis » et considère que les « boites magiques » (les « Smartphones ») nous privent du réel, ce réel qui, parfois semble nous envoyer des signes, et parfois de façon particulièrement insistante, mais de façon également parfaitement incompréhensible selon nos « logiques », nos « sciences ». Vous ne voyez pas de quoi il s’agit ? On ne va pas vous raconter nos propres expériences, ni même vous donner le si simple secret, mais il est temps peut-être de vous débrancher un peu de la Machine.
Nous parlons donc de franges étranges et merveilleuses de la réalité dont les nécessités, déterminations, causalités nous échappent « en mode scientifique », c’est-à-dire borgne, réduit et réducteur, mais qui ont le parfum des correspondances qu’évoquait le poète.
Pour le dire encore en terme spinoziens, se pourrait-il que la « Nature » en tant que « cause libre », se déployant en tant que telle, se joue parfois des nécessités de son propre déploiement ? Cela paraît absurde. Alors, se pourrait-il que ces nécessités rejoignent en certains instants, pour certaines éclosions, cette libre causalité qui est la sienne ? Nous serions alors ces jongleurs de la vie quotidienne dont l’adresse joueuse tient juste à l’expérience maîtrisée d’improbables équilibres entre la pesanteur et la grâce.
Voici que l’acausalité s’emparerait des causalités pour leur faire danser leurs propres mélodies.
Voici que d’abord en marge puis au centre de toutes les revendications de toutes les manifestations, se dresserait la tente d’une éternelle affirmation.
« Faith »? Derivations and hijackings.
One wondered what so many humans could have put into that word « god » that has become almost unpronounceable, and not only for atheists. An infinite number of things, in fact, ranging from the best to the worst. Power, deception, superstition, manipulation, projections, infantilism, opium of the people, and then – turn -, sweetness, elevation, contemplation, grandiose intimacy, cosmic feeling, love. Love! Here again is a dubious word; sold, sold off, separated, shredded, inverted. One day, a great silence would have to be made, larger than all the oceans.
We thought of Spinoza, and what he called « God or Nature », and what he said about it: « by reality and by perfection, I mean the same thing ». It would therefore be a question of the full reality existing as a « free cause » – from nature, from which all necessities, all determinisms, would derive – as its unfolding – as so many attributes; why not, it is not so difficult to understand, humans gather some snippets in mathematical language.
But who can even mumble three plausible words about this amazing thing: reality? Who can measure its ‘length’, ‘width’ and ‘height’ without feeling the ridiculousness of its measuring scale: the limits and distortions of our perceptions and instruments, of human language and knowledge? Not to mention the interests, never very high or very beautiful, attached to our understandings.
Here we begin to understand why ancient texts refuse to name anything at all in this « place » on the reverse side of all finitude, why others limit themselves to evoking what is « very high » in a radically vertiginous sense.
Yet other texts, or sometimes the same ones in certain places, also evoked a connection with those ‘dimensions’ so far removed from any common human measure and understanding, and yet closer to us than we can ever be.
We will not make a list, but we speak of an irreducible preoccupation with the spirit – and the body too – that is found in people of all sorts of traditions, called ‘mystics’, poets, and other names, like prisons.
It also appeared to us that this connection affected the way of being, the relationships of the first peoples, of the hunter-gatherer communities; their relationships with each other, and with non-human beings, if this distinction has any meaning (and what is it?). Francis of Assisi speaks of his brother birds, among the Achuar, plants and animals come to speak with humans in their dreams, and according to Rûmî, « the whole universe is contained in a single human being: you ».
Again, this same vertigo, which takes away our landmarks, our habits, of which there is nothing left, if ecstasy comes.
Emma Orbach, the wise and crazy lady who lives in a tent as one would live in the stars, does not eat her chickens or her goats: « I don’t eat my friends » and considers that « magic boxes » (smartphones) deprive us of reality, this reality that sometimes seems to send us signs, and sometimes in a particularly insistent way, but also in a way that is perfectly incomprehensible according to our « logic », our « sciences ». Can’t you see what it’s all about? We are not going to tell you our own experiences, nor even give you the simple secret, but it is perhaps time to unplug from the Machine a little.
We are talking about strange and marvellous fringes of reality whose necessities, determinations and causalities escape us « in scientific mode », that is to say, blind, reduced and reductive, but which have the perfume of the correspondences that the poet evoked.
To put it again in Spinozian terms, could it be that « Nature » as a « free cause », unfolding as such, sometimes plays with the necessities of its own unfolding? This seems absurd. Then, could it be that these necessities join in certain moments, for certain outbreaks, this free causality which is its own? We would then be the jugglers of daily life whose playful skill is based on the controlled experience of improbable balances between gravity and grace.
Here is where acausality would take over the causalities to make them dance their own melodies.
Here is where, first on the fringes and then at the centre of all the claims of all the manifestations, the tent of an eternal affirmation would be erected.
80% : c’est la part que représentent les images dans le trafic internet. Moins quantifiable est la fonction des images dans le trafic de sa propre personnalité.
Voici une personne. Voici un masque. Elle le protège, le travaille, le rend aussi élastique que l’exigent les pressions sociales qui commandent ses comportements.
Parfois le masque se fend et parfois il est juste très difficile à ajuster ; surtout au réveil. Sinon tout va bien : on assimile comment les autres fabriquent leurs images, comment ils s’y moulent, comment ils s’y réfugient surtout, portables à la main.
Et l’on fait pareil : on leur envoie des images, en veillant à leur cohérence, qui doit remplacer l’ancienne continuité qui faisait l’unité du « moi », et qu’on a appris à refouler, lorsque la production de la personne a suffisamment réussi à coloniser et mettre au travail tout l’espace intérieur.
Ce qui s’est perdu, c’est donc juste le sujet. A la place : un objet, qui capte tout ce qu’il peut pour conserver sa place dans le renouvellement incessant des objets mis en vitrine.
La vitrine, c’est l’ensemble de la société : la vitrine dans la rue, la vitrine sur les écrans, la vitrine au travail, la vitrine dans les croisements inévitables, la vitrine à domicile même.
L’idéal, c’est de se rapprocher de ces images efficacement modelées sur celles des vedettes : elles sont actives, précises, l’apparence semble imperturbable, comme gelée même quand elle bouge, surtout quand elle bouge.
L’idéal, c’est de réussir à s’insérer durablement dans la pantomime généralisée.
C’est à ce prix qu’on devient soi-même et la vitrine, et la marchandise.
Jusqu’à ne plus avoir pour règle d’existence que de faire vivre ce spectacle, qu’on endossera le plus vite possible dès le réveil : parvenir – enfin ! – à exécuter, de façon toute personnelle, « le mouvement autonome du non-vivant » (Debord).
How to produce your own image.
80%: this is the share that images represent in internet traffic. Less quantifiable is the function of images in the traffic of one’s own personality.
This is a person. This is a mask. She protects it, works on it, makes it as elastic as the social pressures that drive her behaviour demand.
Sometimes the mask cracks and sometimes it is just very difficult to adjust; especially when you wake up. Otherwise everything is fine: we assimilate how others make their images, how they mould themselves to them, how they take refuge in them, especially with their mobile phones in hand.
And we do the same: we send them images, taking care of their coherence, which must replace the old continuity that made the unity of the « self », and that we have learned to repress, when the production of the person has sufficiently succeeded in colonizing and putting to work the whole interior space.
What has been lost is therefore just the subject. In its place: an object, which captures everything it can to keep its place in the incessant renewal of objects put on display.
The shop window is the whole of society: the shop window in the street, the shop window on the screens, the shop window at work, the shop window at the inevitable crossroads, the shop window at home itself.
The ideal is to approach these images effectively modelled on those of the stars: they are active, precise, the appearance seems imperturbable, as if frozen even when it moves, especially when it moves.
The ideal is to succeed in inserting oneself durably into the generalized pantomime.
This is the price to pay for becoming both the showcase and the merchandise.
To the point where the only rule of existence is to keep the spectacle alive, which you will take on as soon as you wake up: to succeed – at last! – to execute, in a very personal way, « the autonomous movement of the non-living » (Debord).
L’essentialisme, en ce qui concerne les genres « homme » et « femme », consiste à déterminer exclusivement ce genre en fonction du sexe biologique : il entend réduire le genre au sexe et devra donc nécessairement tenir pour négligeable, secondaire, fictif ou douteux, et dans tous les cas inessentiel, tout ressenti différent.
Si l’essentialisme conçoit théoriquement une libération des « hommes » et des « femmes » des stéréotypes qui leur sont attribués par la société, c’est pour mieux les enfermer dans leur détermination biologique.
Ensuite, et logiquement, il rabat tout ressenti différent en direction des stéréotypes attribués par la société ou le renvoie à une improbable essence masculine ou féminine logée dans un ressenti.
Il est facile de comprendre qu’effectivement, étant donné la prégnance totalitaire des stéréotypes, une personne qui, dans nos sociétés spectaculaires, ne se sent pas ce que son sexe lui dit d’être aura tendance à se rabattre d’elle-même sur les stéréotypes en question, voire à les essentialiser.
Mais il se joue pourtant, dans la crise des identités « masculine » et « féminine », quelque chose de bien plus profond, qui échappe à toute réduction, fixation, essentialisation. Il s’agit du travail qu’opèrent les subjectivités pour s’envisager à la racine comme totalités irréductibles.
Et cette racine, ce n’est ni la biologie, ni le ressenti, mais bien cette totalité capable de s’émanciper de tout ce qui la réduit, la chosifie, l’appauvrit, lui fait obstacle dans son effort pour parvenir à sa pleine et entière auto-détermination ; en bref la sépare de son effort pour advenir.
Le dépassement des stéréotypes est inséparable du dépassement de toute réduction. Un « homme » ou une « femme » ne sont ni seulement des ressentis, ni seulement des biologies, mais seulement des états transitoires pour des subjectivités encore réduites, enfermées, appauvries, chosifiées.
Il n’y a pas des « hommes » et des « femmes », sauf « ceux » et « celles » qui s’enferment et enferment les autres dans leurs stéréotypes, leurs définitions, quels que soient ces stéréotypes, ces définitions.
Mais il y a et il peut y avoir de plus en plus – précipitant l’effondrement de toutes les identités spectaculaires -, des subjectivités évadées de tous ces stéréotypes, de toutes ces définitions, dissolvant les statuts, les paraîtres et les attributions de genre, inventant de nouveaux alliages, et les dissolvant, les réinventant ; des métamorphoses, des dépassements, transformant la boue des classifications en or de l’émancipation.
Un jour viendra – qui pour certain(e)s est déjà là -, où n’y aura plus dans les regards portés sur soi ou sur autrui ni des « hommes » ni des « femmes », mais toujours d’abord des humanités qui se rencontrent dans un geste « infiniment délicat et plein d’égards » (Rilke).
From the mud of identities to the gold of subjectivities.
Essentialism, as far as the genders « man » and « woman » are concerned, consists in determining this gender exclusively in terms of biological sex: it intends to reduce gender to sex and will therefore necessarily consider any different feeling as negligible, secondary, fictitious or doubtful, and in any case inessential.
If essentialism theoretically conceives of a liberation of ‘men’ and ‘women’ from the stereotypes attributed to them by society, it is in order to better lock them into their biological determination.
Then, and logically, it pushes any different feeling towards the stereotypes attributed by society or refers it to an improbable male or female essence housed in a feeling.
It is easy to understand that, given the totalitarian prevalence of stereotypes, a person who, in our spectacular societies, does not feel what his or her sex tells him or her to be will tend to fall back on the stereotypes in question, or even to essentialise them. However, in the crisis of ‘male’ and ‘female’ identities, something much deeper is at play, which escapes any reduction, fixation or essentialization. It is the work that subjectivities do to consider themselves at the root as irreducible totalities.
And this root is neither biology nor feelings, but this totality capable of emancipating itself from everything that reduces it, chosifies it, impoverishes it, and hinders it in its effort to achieve full self-determination; in short, separates it from its effort to become.
The overcoming of stereotypes is inseparable from the overcoming of any reduction. A « man » or a « woman » are neither only feelings, nor only biologies, but only transitory states for subjectivities that are still reduced, locked up, impoverished, chosified. There are no « men » and « women », except for « those » who lock themselves and others into their stereotypes, their definitions, whatever these stereotypes, these definitions may be.
But there are and can be more and more – precipitating the collapse of all spectacular identities – subjectivities that escape from all these stereotypes, from all these definitions, dissolving statuses, appearances and gender attributions, inventing new alliances, and dissolving and reinventing them; metamorphoses, overcoming, transforming the mud of classifications into the gold of emancipation.
A day will come – which for some is already here – when there will no longer be either « men » or « women » in the way we look at ourselves or at others, but always first of all humanities that meet in a gesture that is « infinitely delicate and full of consideration » (Rilke).