Etymologie du mot « retraite » : du préfixe re, retour en arrière et du latin trahere, tirer, traîner, tracter.
Tout le monde – sauf les profiteurs du travail d’autrui, sauf les fanatiques de l’aliénation – tout le monde le sait ; et même plus que de le savoir, tout le monde le ressent, le subit, le vit et le survit : le travail salarié nous mutile, nous réduit, nous éteint, nous appauvrit. Et rien dans le monde des marchandises ne peut guérir cette sourde douleur.
La consommation est le poison qui permet de supporter le salariat en l’aggravant.
La véritable retraite, c’est de se retirer tous ensemble de ce processus mortifère dont les effets sur l’humanité et sur la nature n’ont que trop duré.
Il nous faut nous tirer en arrière, vers l’enfance qui joue. Et tout refaire dans un jeu planétaire.
Mais la conscience collective n’a pas encore, toujours pas franchi ce pas.
Alors, plus subtilement, chacun à son échelle, il s’agit dès à présent d’en faire le moins possible, de saboter le zèle, de répandre la nonchalance, de ralentir, de reprendre le temps de rêver, de s’apaiser, de penser – dans les moindres interstices que la contrainte salariée n’a pu coloniser.
Il s’agit donc de se créer tout de suite des espaces de retraite, et de les élargir aux moindres occasions ; bref, de se donner intelligemment le droit de goûter tout de suite aux joies d’une retraite anticipée.
En faire le moins possible, en défaire le plus possible.
We thought that our positions, which are still far from being fully deployed, and whose most significant expression is for the moment in the review, our positions, therefore, cannot obviously meet on every point the unanimity of our sympathetic observers, themselves undoubtedly different or divergent on various questions. We hope, however, to join us on the essential: this effort of radical lucidity emancipated from any ideology. All this to say that the essential cannot be, in our eyes, any ideological alignment but, on the contrary, on the basis of this will of a really independent lucidity, really free from any compromise; more and better than encouraging a resistance to lies and hypnoses, to free in practice for each and everyone a space where the personal existential truthfulness can not only breathe, but even spread naturally in the everyday life and immunize softly around it the receptive persons. Philosophical health, understanding this word in the most existential and anti-doctrinaire sense, is our main asset, and contribution. We therefore hope that our sympathetic observers will always know how to place above the differences or divergences this common ground that we patiently cultivate: which would already seem to us on our scale a salutary philosophical-existential success. The S.O can thus be conceived as one of the experimental grounds of what an emancipated humanity will have to do to survive and be reborn in the overcoming of its contradictions and its divisions.
Photo : « le 24 mai 1968, à Paris » Crédit : JOHNSSON PHILIPPE/SIPA.
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Nous avons pensé que nos positions, qui sont encore loin d’être pleinement déployées, et dont l’expression la plus significative se trouve pour l’instant dans la revue, nos positions, donc, ne peuvent évidemment pas rencontrer sur chaque point l’unanimité de nos sympathiques observateurs, eux-mêmes sans doute différents ou divergents sur diverses questions. Nous espérons par contre nous rejoindre sur l’essentiel : cet effort de lucidité radicale émancipée de toute idéologie. Tout cela pour dire que l’essentiel ne peut justement être à nos yeux un quelconque alignement idéologique mais, au contraire, sur la base de cette volonté d’une lucidité réellement indépendante, réellement libre de toute compromission ; plus et mieux que d’encourager une résistance aux mensonges et aux hypnoses, de dégager en pratique pour chacune et chacun un espace où la véridicité existentielle personnelle puisse non seulement respirer, mais même se diffuser naturellement dans la vie de tous les jours et immuniser doucement autour d’elle les personnes réceptives. La santé philosophique, en comprenant ce mot dans le sens le plus existentiel et le plus anti-doctrinaire, est notre principal atout, et apport. Nous espérons donc que nos sympathiques observateurs sauront toujours placer au-dessus des différences ou des divergences ce fond commun que nous cultivons patiemment : ce qui nous semblerait déjà à notre échelle une réussite philosophique-existentielle salutaire. L’O.S peut donc être conçu comme un des terrains d’expérimentation de ce qu’une humanité émancipée aura à faire pour survivre et renaître dans le dépassement de ses contradictions et de ses divisions.
« On the night of January 12, 2023, we set out in solidarity with our friends in the Lützerath Zad to sabotage the coal railroad in the Cologne city forest. With two strategically placed incendiary devices we hope to have stopped the coal delivery for a little while. RWE deserves nothing but our deepest hatred! Even if the cops occupy the whole Rhineland, they can’t watch us everywhere. The night belongs to us! Our action is part of a radical campaign to maintain the autonomous zone and against the worldwide destruction of the climate. The production of fossil fuels and the resulting exploitation of the planet must be stopped by all means. We salute all those in Germany and around the world who oppose climate destruction and oppression. Freedom for all! For a radical climate movement! »
.« Dans la nuit du 12 janvier 2023, nous nous sommes mis en route en solidarité avec nos ami.e.s de la Zad de Lützerath, afin de saboter la ligne ferroviaire de charbon dans la forêt de la ville de Cologne. Avec deux engins incendiaires placés de manière stratégique, nous espérons avoir stoppé pour un petit moment la livraison de charbon. RWE ne mérite rien d’autre que notre haine la plus profonde ! Même si les flics occupent toute la Rhénanie, ils ne peuvent pas nous surveiller partout. La nuit nous appartient ! Notre action s’inscrit dans une campagne radicale pour le maintien de la zone autonome et contre la destruction du climat à l’échelle mondiale. La production d’énergie fossile et l’exploitation de la planète qui en découle doivent être stoppées par tous les moyens. Nous saluons tous ceux qui, en Allemagne et dans le monde, s’opposent à la destruction du climat et à l’oppression. Liberté pour toutes et tous ! Pour un mouvement climatique radical ! »
« Humanity can at any moment recover, intact, its powers of beautification. »
Jaime Semprun, Andromache, I think of you!
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So there were meetings, night actions, unprecedented sabotage, nights of crazy discussions, drifting off to never sleep again, texts and more texts, leaflets, suburbs, books that were never paid for, and not only books, of course, and still other meetings, in the early morning, on the river bank too.
Among us the youth, and the elder: we take turns. Some of us have known, frequented, crossed paths with, approached and corresponded with well-known names in the radical milieu. We will mention only one of them, whose unfeigned elegance, all in existentiality, shone: Jaime Semprun.
It is true that he was radical, but broad and without blinkers. We gardened together, and discussed at length: the technological grip, spiritualities, rap, writing… He was intransigent and flexible at the same time – that is more than rare in this milieu. He did not belong to the spectacle of radicalism, which is even rarer. Nothing rigid, nothing mechanical, no easiness, no baseness, nothing inquisitorial: noble.
It is exactly what is needed.
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« L’humanité peut à chaque instant retrouver, intacts, ses pouvoirs d’embellissement. »
Jaime Semprun, Andromaque, je pense à vous !
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Il y eut donc des rencontres, des actions nocturnes, des sabotages inédits, des nuits de folles discussions, des dérives à ne plus jamais dormir, des textes et encore des textes, des tracts, des banlieues, des livres qui n’étaient jamais payés, et pas que des livres certes, et encore d’autres rencontres, au petit matin, au bord du fleuve aussi.
Parmi nous la jeunesse, et des anciens : on se relaie. Certains ont connu, fréquenté, croisé, approché, correspondu avec des noms connus dans le milieu de la radicalité. Nous n’en citerons qu’un, dont l’élégance non feinte, toute en existentialité – rayonnait : Jaime Semprun.
C’est vrai qu’il était radical, mais vaste et sans œillères. Nous avons jardiné ensemble, et longuement discuté : de l’emprise technologique, des spiritualités, du rap, de l’écriture… Il était intransigeant et souple en même temps – c’est plus que rare dans ce milieu. Il n’appartenait pas au spectacle de la radicalité, ce qui est encore plus rare. Rien de rigide, de mécanique, pas de facilités, de bassesses, rien d’inquisitorial : noble.
C’est exactement ce qu’il faut.
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« He soberly and quietly cultivated the truth. He never put his qualities on sale and he did everything to distance himself from the monster of publicity; he let it play its game by ignoring it. He was so capable of evading the spectacle that finding a picture of him in the media today is ‘mission impossible’. » (…) « What was really special about Jaime was that he made his greatness of spirit compatible with a surprising friendliness. (…) He was the most noble, open and generous person I have ever known. »
« Il cultivait sobrement et discrètement la vérité. Il n’a jamais mis ses qualités en vente et il a tout fait pour s’éloigner du monstre de la publicité ; il l’a laissé jouer son jeu en l’ignorant. Il était tellement capable de se soustraire au spectacle que trouver une photo de lui dans les médias aujourd’hui relève de la « mission impossible ». » (…) « Ce qui était vraiment spécial chez Jaime, c’est qu’il a rendu sa grandeur d’âme compatible avec une surprenante amabilité. » (…) C’était la personne la plus noble, la plus ouverte et la plus généreuse que j’aie jamais connue. »
Money has robbed the world of everything so that the world is empty, meaningless, and disenchanted – unless you have money.
And when one has money, it is not to live in a world, which is no longer anything but inessential, and peripheral, but to « live » the money, to participate in the universal representation of wealth.
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L’argent a dévalisé le monde de tout, de sorte que le monde est vide, sans intérêt, désenchanté – à moins d’avoir de l’argent.
Et quand on a de l’argent, ce n’est pas pour vivre le monde, qui n’est plus rien sinon de façon inessentielle, périphérique, mais pour « vivre » l’argent, pour participer à la représentation universelle de la richesse.
No book had so far attacked so directly the true god of this world.
None had so cruelly exposed the mechanisms of the planetary superstition, the foundations of the globalized wage racket.
Incisive and hard-hitting, this short text overturns all common beliefs concerning the pseudo-wealth of the rich, the pseudo-value of value, the pseudo-legitimacy of domination.
The strength of the coming insurrections will lie in their radical understanding of the mirages and ravages of the economic sham.
This little book hopes to contribute to this.
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Technical details :
Bilingual book (French-English), 84 pages, published in the « Nova/bilingual » collection of the “Éditions Contrelittérature”. International diffusion.
« Our position in relation to Amazon obeys an editorial strategy of camouflage and smuggling: no distributor-diffuser contacted (Hobo, Pollen, Belles Lettres, Harmonia Mundi, etc.) having so far responded to our repeated solicitations, it is for us a matter of being there, in spite of everything, present in our very singularity. »
Aucun livre ne s’en était pris jusqu’ici aussi directement au véritable dieu de ce monde.
Aucun n’avait aussi crument exposé les mécanismes de la superstition planétaire, les fondements du racket salarié mondialisé.
Incisif, et percutant, ce court texte renverse la totalité des croyances communes concernant la pseudo-richesse des riches, la pseudo-valeur de la valeur, la pseudo-légitimité de la domination.
La force des insurrections à venir tiendra dans leur compréhension radicale des mirages et des ravages de l’imposture économique.
Ce petit livre espère y contribuer.
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Fiche technique :
Ouvrage bilingue (Français-Anglais), 84 pages, publié dans la collection « Nova/bilingue » des Éditions Contrelittérature. Diffusion internationale
Prix :12 euros.
Pour se le procurer :
Auprès de tout bon libraire, en France et à l’international, à partir de fin janvier.
Directement auprès de l’éditeur par chèque ou via Paypal : Contrelittérature, L’ancien presbytère, 28170 Saint Ange (port gratuit). A noter que pour être certain(e) d’obtenir votre exemplaire, il est d’ores et déjà possible de le commander.
Nous vous présentons quelques brefs extraits du livre. Il sera disponible sur commande dans toutes les librairies en France et à l’international à partir du 23 janvier. Pour l’instant, on peut déjà le commander via Amazon.
Extraits :
La valeur monétaire d’une chose n’est pas déterminée par le temps de travail qu’elle nécessite, ni par sa rareté, ni par le besoin qu’on a d’elle. Si elle l’est, c’est parce que nous donnons une valeur monétaire à ce temps de travail, à cette rareté, à ce besoin. La valeur monétaire d’une chose n’existe tout simplement pas. Bien sûr, si l’eau devient rare, elle prendra beaucoup de valeur, mais cela ne détermine en rien son prix. C’est nous qui déterminons son prix. Et ce prix va priver tous ceux qui ne peuvent le payer de cette chose vitale. C’est comme ça que la valeur monétaire fausse la réalité. La réalité, ce n’est pas que certains – les riches – ont besoin d’eau. Tout le monde a besoin d’eau. La réalité, ce n’est pas qu’il est légitime que seuls les riches boivent. La réalité, c’est qu’il y a peu d’eau et qu’il faut prendre une décision tous ensemble par rapport à ce fait. L’argent est ce qui nous prive de décision. Sauf les riches bien sûr. L’argent, c’est quand les riches décident. Décident du prix de l’eau et du reste.
(…)
Les riches vivent dans une réalité illusoire, déconnectée de la vraie réalité. Par exemple, s’il manque d’eau, ils croient qu’ils ont légitimement le droit de posséder, d’user et d’abuser de l’eau, parce qu’ils la payent. La réalité humaine générale du manque d’eau n’a aucune légitimité pour eux.
La légitimité est tout entière annexée par la légalité économique. L’essence de l’argent est l’annexion du monde par les riches.
L’économie n’est rien d’autre que le traité de stratégie militaire qui permet aux riches d’annexer à l’argent l’esprit des hommes.
(…)
L’argent a dévalisé le monde de tout, de sorte que le monde est vide, sans intérêt, désenchanté – à moins d’avoir de l’argent. Et quand on a de l’argent, ce n’est pas pour vivre le monde, qui n’est plus rien sinon de façon inessentielle, périphérique, mais pour vivre l’argent, pour participer à la représentation universelle de la richesse. Le riche est celui qui sent non pas qu’il est riche, car il n’est riche de rien, sinon de façon inessentielle, périphérique, mais celui qui sent qu’il représente la richesse.
(…)
C’est seulement après des millénaires de pillage des communautés existantes, c’est-à-dire le plus souvent, des exploiteurs locaux, que les marchands se virent contraints de se saisir eux-mêmes de la sphère de l’exploitation. Et ceci pour une double mais simple raison : ils ont ruiné tous ceux qu’ils pillaient ; le pullulement de leur classe prospère les contraint à une concurrence féroce malgré le développement universel du marché. C’est donc une fois solidement établie la célébrité de l’argent comme ce qui a seul le pouvoir universel de réaliser la pensée des choses, une fois la toute-puissance de l’argent bien assurée, toute-puissance qui consiste uniquement dans la mise en spectacle millénaire et mondiale de sa toute-puissance, que le capitaliste peut se lancer lui-même dans l’exploitation en y introduisant le calcul des coûts de production. Le capitaliste ne peut calculer un coût qu’une fois que l’argent est bien présent comme idée dans toute chose. C’est seulement lorsque presque tout a été transformé en marchandises, en choses qui pensent, que l’exploitation proprement marchande peut débuter.
(…)
La marchandise, que le salarié convoite, est ce qui permet à la richesse de se pavaner. La marchandise est ce qui fait briller un temps la richesse aux yeux de tous les spectateurs ; le temps que s’effectue l’achat. Aussitôt achetée, la marchandise perd son éclat, perd totalement ce qui la faisait briller. Prestigieuse derrière la vitrine, vulgaire dès qu’elle rentre chez le consommateur. Car la richesse s’échappe de la marchandise, l’abandonne à sa trivialité, à l’instant même où la transaction s’effectue. Et c’est évidemment l’argent, la richesse jamais satisfaite parce que totalement abstraite, qui va ensuite permettre de produire de nouvelles marchandises ; c’est la richesse jamais satisfaite qui va pouvoir continuellement être réinjectée dans de nouveaux objets pour les faire briller. Et ainsi de suite.
(…)
Telle est la force corrosive de l’illusion : les riches croient se protéger de la laideur alors que leur laideur transparaît toujours plus aux yeux de tous ; conséquemment, les pauvres du monde entier croient de moins en moins les riches ; moins ils les croient, plus l’alchimie secrète opère ; plus se reforment les peuples en tant que seule force universelle capable de ramener le vrai dans le monde.
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We present you some short extracts of the book. It will be available for order in all bookstores in France and abroad from January 23rd. It will be available for order in all bookstores in France and abroad from January 23rd. For the moment, it can already be ordered through Amazon.
Excerpts:
The monetary value of a thing is not determined by the amount of work it takes, nor by its scarcity, nor by the need for it. If it is, it is because we give a monetary value to this work time, to this scarcity, to this need. The monetary value of a thing simply does not exist. Of course, if water becomes scarce, it will become very valuable, but this does not determine its price. We determine its price. And that price will deprive all those who cannot afford it of this vital thing. This is how monetary value distorts reality. The reality is not that some people – the rich – need water. Everyone needs water. The reality is not that it is legitimate for only the rich to drink. The reality is that there is little water and we all need to make a decision about that fact. Money is what takes away our decision. Except for the rich, of course. Money is when the rich decide. They decide the price of water and everything else.
(…)
The rich live in an illusory reality, disconnected from the real reality. For example, if there is a shortage of water, they believe that they have a legitimate right to possess, use and abuse water, because they pay for it. The general human reality of water scarcity has no legitimacy for them.
Legitimacy is entirely annexed by economic legality. The essence of money is the annexation of the world by the rich.
The economy is nothing more than the military strategy treaty that allows the rich to annex the minds of men to money.
(…)
Money has robbed the world of everything, so that the world is empty, pointless, disenchanted – unless you have money. And when one has money, it is not to live the world, which is no longer anything but inessential, peripheral, but to live money, to participate in the universal representation of wealth. The rich man is the one who feels not that he is rich, because he is rich of nothing, except in an inessential, peripheral way, but the one who feels that he represents wealth.
(…)
It is only after millennia of plundering existing communities, i.e. mostly local exploiters, that the merchants were forced to take over the sphere of exploitation themselves. And this for a double but simple reason: they ruined all those they plundered; the pullulation of their prosperous class forced them to fierce competition despite the universal development of the market. Once the fame of money as the only thing that has the universal power to realize the thought of things has been firmly established, once the omnipotence of money has been assured, an omnipotence that consists solely in the millennial and worldwide spectacle of its omnipotence, the capitalist can launch himself into exploitation by introducing the calculation of the costs of production. The capitalist can only calculate a cost once money is present as an idea in everything. Only when almost everything has been transformed into commodities, into things that think, can exploitation proper to the market begin.
(…)
The commodity, which the wage earner covets, is what allows wealth to strut its stuff. The commodity is what makes wealth shine for a time in the eyes of all the spectators; the time it takes for the purchase to take place. As soon as it is bought, the merchandise loses its shine, loses everything that made it shine. Prestigious behind the window, vulgar as soon as it enters the consumer’s home. Because wealth escapes from the merchandise, abandoning it to its triviality, at the very moment the transaction is carried out. And it is obviously money, the wealth that is never satisfied because it is totally abstract, that will then allow the production of new goods; it is the wealth that is never satisfied that will continually be reinjected into new objects to make them shine. And so on.
(…)
Such is the corrosive force of illusion: the rich believe they are protecting themselves from ugliness, while their ugliness is becoming more and more apparent to everyone; consequently, the poor of the whole world believe the rich less and less; the less they believe them, the more the secret alchemy operates; the more the peoples are reformed as the only universal force capable of bringing back the truth into the world.