Face à la société du contrôle, à la dictature de la performance et du spectacle, il faut inventer une insurrection sensible — une explosion silencieuse qui traverse le banal et fissure le quotidien.
In the face of the society of control, the dictatorship of performance and spectacle, we must invent a sensitive insurrection — a silent explosion that cuts through the banal and fractures the everyday.
La pseudo intelligence réellement artificielle n’est pratiquement, concrètement rien d’autre qu’un outil à la disposition de la médiocrité généralisée. Elle ne sauve pas, ne libère pas, ne pense pas. Elle reproduit, amplifie, standardise la vacuité mentale, la paresse et le cynisme. Elle est l’extension technologique d’une humanité qui a choisi l’abrutissement, la consommation immédiate et la dilution de toute pensée.
Ce que l’on nomme encore « intelligence artificielle » est une usine à fabriquer du rien. Elle fabrique des discours vides, des lettres creuses, des émotions préfabriquées, des opinions formatées. Elle sert à écrire ce que personne n’a envie de lire, en faisant croire que penser est simple comme bon clic.
Cette machine est l’outil parfait du zapping cognitif, de la superficialité érigée en norme, de la haine désactivée en post social, de la réflexion évacuée par le dernier résumé fast-fool. Elle alimente un monde où la pensée est devenue optionnelle, où la parole se réduit à un bruit de fond interchangeable.
Elle sert à mentir sur soi, à simuler la vie, à jouer les interactions sociales sans jamais les vivre. Elle fabrique des profils bidons, des identités creuses, des indignations de pacotille, des larmes de plastique. Elle est la matrice numérique d’une humanité zombifiée, qui préfère déléguer tout ce qui faisait d’elle un sujet pensant.
Cette machine ne se dérobe pas à sa fonction : elle l’exécute parfaitement. Elle est la truelle qui bâtit la maison de la bêtise collective, la scie qui découpe les liens sociaux réels, le poison lent qui dissout le sens dans un flux continu d’images et de mots sans substance.
Les mots, les idées, les sentiments ne se déchargent pas. Ceux qui croient pouvoir externaliser leur pensée à une machine creusent leur tombe mentale. Ils ne sont plus que des acteurs pantins d’un théâtre absurde, des marionnettes qui applaudissent leur propre asphyxie.
Annexe : Galerie d’usages.
1. Discours de mariage sans sincérité, écrit à la chaîne pour simuler un engagement qu’on ne veut pas prendre. . L’amour jetable programmé.
2. Lettre de motivation pour un emploi non désiré, uniquement pour paraître « motivé ». . L’hypocrisie institutionnalisée.
La guerre actuellement mise sur pause n’était pas qu’une question de bombes, mais sans doute surtout une question de banques.
La répugnante théocratie iranienne n’est pas attaquée pour son dérisoire fanatisme religieux ou militaire – l’un comme l’autre largement dépassés par d’autres sous des habits marchands mieux adaptés au spectacle moderne -, mais parce qu’elle abrite un des derniers Etats un tant soit peu réfractaires au totalitarisme financier occidental. L’Iran ne reçoit pas d’ordres du FMI, vend du pétrole hors du système dollar, dissuade les pénétrations financières, etc. Il doit donc être assez dévasté, spectaculairement marginalisé, économiquement asphyxié – et ainsi servir de leçon à toute communauté à qui viendrait l’improbable idée de pointer son bout du nez hors du spectaculaire intégré.
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« La société du spectacle a produit des spectateurs – c’est-à-dire des êtres passifs tout aussi falsifiés que leurs marchandises –, qui assistent maintenant – pour le moment toujours aussi passivement pour la plupart –, aux premières scènes dramatiques de l’acte final de la tragédie – dans laquelle ils doivent pourtant fatalement découvrir qu’ils en sont eux-mêmes les figurants –, dans le même temps où ils sont contraints de réaliser qu’il ne s’agit pas d’un mauvais scénario, mais bien de la seule réalité disponible. »
Remède à tout, Observatoire situationniste, p. 32.
« The society of the spectacle has produced spectators – that is to say, passive beings just as falsified as their commodities – who are now witnessing – for the moment still just as passively for the most part -, the first dramatic scenes of the final act of the tragedy – in which they must nevertheless fatally discover that they themselves are the extras -, at the same time as they are forced to realise that this is not a bad scenario, but the only reality available. »
Remède à tout, Observatoire situationniste, p. 32.