The slavery of labour and the spectacle of society throughout history.

In order not to tire ourselves unnecessarily, we will limit ourselves here to a few key stages.

First of all, we must make it clear that we are obviously not criticising activity, nor the fact of producing, and even less so creation. What we are aiming at is the massive installation of forced and coerced labour at the centre of existence all over the planet. The vast majority of the world’s population spends most of their time doing this. Moreover, the vast majority of them are engaged in repetitive, poor and external tasks. This has meant an incredible loss of creativity, an unimaginable drying up of talents, and an unhappy life for everyone and for all of humanity for thousands of years. The world of merchandise is there to compensate for this abysmal misery: others create for you, others have talents in your place, and others live exciting lives. On the surface. And what counts is precisely to maintain the circular need to consume appearances. Every commodity is worth more than anything else for the amount of appearance it gives off.

So how did we get here?

It all began in the Neolithic period, between 10,000 and 5,000 BC, when profitability became the guiding principle of activities. It is this that dictates the establishment of hierarchies and fixed social statuses. Art as a separate compensatory activity begins to appear, whose prestige imposes itself on all and whose symbolic force cements society, while the latter divides into itself, separating itself from nature, which it also divides. It is already the spectacle that makes society, even if we are still very far from the society of the spectacle.

On the other hand, we are now very close to slavery, which is indeed particularly profitable.

A few thousand years of perfecting this advantageous social division, even more than the techniques, and we find ourselves in that ancient Greece where labour, understood as servile and separate production, condemns humans to be nothing more than the « animated objects » of their masters. What is worthy of the blow of true humans is to cultivate themselves, but of a culture that is already separate: separate from nature and from other species, separate from their own production, separate from the human totality, separate from everything. It is at this point that representation, whether artistic, spiritual or philosophical, takes off into a world apart, where the unity of life can no longer be restored, but only contemplated.

It was not until the twentieth century that forced labour, on which human society is built, began to be evoked for what it is: a fundamentally dehumanising activity. It must be said that Marx had been there, and in his Manuscripts he analysed the strangeness in which the life of workers was suffocating, a strangeness known as alienation, a term to be taken in all senses of the word: work operates a division from self to self – from body to body, from body to hand, from body to head, from head to heart – so radical that it drives one mad. Fortunately, to support this threatening insanity, there is commodity fetishism: that sweet straitjacket that paralyses the movement of life while simultaneously giving the illusion of living it.

Besides Marx, it is always interesting to read or reread what Nietzsche, Lafargue, Russel, Vaneigem and many others have written on the subject.

The end point of all these criticisms is the same in our opinion: it is indeed the totality of life on earth that calls for a radical revolution, by which the most modest production of the humblest among us begins to radiate an earthly solarity, because it radiates living, fulfilled humanity.

It will be this, or our end.

L’esclavage du travail et la mise en spectacle de la société à travers l’histoire.

Pour ne pas nous fatiguer inutilement, nous nous limiterons ici à quelques étapes marquantes.
Nous devons préciser avant tout que nous ne critiquons évidemment pas l’activité, ni le fait de produire et moins encore la création. Ce que nous visons, c’est l’installation massive au centre de l’existence, sur toute la planète, du travail contraint et forcé. L’immense majorité de la population mondiale passe l’essentiel du temps à ça. En outre, il s’agit pour l’immense majorité de tâches répétitives, pauvres et extérieures. Ce qui implique depuis des millénaires pour tout un chacun et pour toute l’humanité une invraisemblable perte de créativité, un inimaginable dessèchement des talents, un vécu malheureux. L’univers de la marchandise est justement là pour compenser cette misère abyssale : d’autres créent pour vous, d’autres ont des talents à votre place, et d’autres vivent des vies passionnantes. En apparence. Et ce qui compte, c’est justement d’entretenir le besoin circulaire de consommer des apparences. La moindre marchandise vaut d’abord pour la dose d’apparence qu’elle diffuse.
Et donc, comment en est-on arrivé là ?
Tout commence au néolithique, entre 10 000 et 5 000 ans avant notre ère, quand la rentabilité devient le guide des activités. C’est elle qui commande d’instaurer hiérarchies et fixités des statuts sociaux. L’art comme activité séparée compensatrice commence à apparaître, dont le prestige en impose à tous et dont la force symbolique cimente la société, pendant que celle-ci se divise en elle-même, se sépare de la nature, qu’elle divise également. C’est déjà le spectacle qui fait la société, même si nous sommes encore très loin de la société du spectacle.
Nous sommes par contre tout proches désormais de l’esclavage, qui est effectivement particulièrement rentable.
Quelques milliers d’années à perfectionner, bien plus encore que les techniques, cette avantageuse division sociale, et nous nous trouvons dans cette Grèce antique où le travail entendu comme production servile et séparée, condamne des humains à n’être que les « objets animés » de leurs maîtres. Ce qui est digne du coup des véritables humains, c’est de se cultiver, mais d’une culture déjà séparée : séparée de la nature et des autres espèces, séparée de sa propre production, séparée de la totalité humaine, séparée de tout. C’est à ce moment que la représentation, qu’elle soit artistique, spirituelle ou philosophique, prend son essor dans un monde à part, où l’unité de la vie ne peut plus être restaurée, mais seulement contemplée.
Il faut attendre le vingtième siècle pour que le travail forcé, sur quoi s’édifie la société humaine commence à être évoqué pour ce qu’il est : une activité foncièrement déshumanisante. Il faut dire que Marx est passé par là, qui analyse précisément dans ses Manuscrits l’étrangeté dans laquelle s’asphyxie la vie des ouvriers, étrangeté connue sous le nom d’aliénation, appellation à prendre dans tous les sens du terme : le travail opère une division de soi à soi – du corps au corps, du corps à la main, du corps à la tête, de la tête au cœur – tellement radicale qu’elle rend fou. Heureusement, pour supporter cette démence menaçante, il y a le fétichisme de la marchandise : cette douce camisole de force qui paralyse le mouvement de la vie tout en donnant simultanément l’illusion de la vivre.
Outre Marx, il est toujours intéressant de lire ou relire ce qu’ont écrit sur le sujet Nietzsche, Lafargue, Russel, Vaneigem et bien d’autres.
Le point d’aboutissement de toutes ces critiques est le même selon nous : c’est bien la totalité de la vie sur terre qui appelle une révolution radicale, par laquelle la plus modeste production du plus humble d’entre nous se met à rayonner une solarité terrestre, parce que rayonne en elle l’humanité vivante épanouie.
Ce sera ça, ou notre fin.

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