Esquisses théoriques et pratiques pour un détournement radical de la création cinématographique.

« Les arts futurs seront des bouleversements de situations, ou rien.« 
Debord, Prolégomènes à tout cinéma futur.

La production cinématographique est aujourd’hui pour la grande majorité une production artistique séparée.

Que faut-il entendre par là ? Que le la majorité de la production cinématographique aujourd’hui soutient les rapports spectaculaires de la société, les médiatise. Tout ce qui pourrait directement se vivre est éloigné dans une représentation et se vit dans celle-ci. Les rapports sociaux sont corrompus. La majorité de la production cinématographique actuelle entretient les rapports sociaux spectaculaires en fournissant des manières d’interagir, une représentation corrompue du réel qui sera prise pour argent comptant. Peu importe que de vieilles idées soient renversées par de nouvelles si ces nouvelles entretiennent la même séparation. Les différents points de vues médiatiques qui se font la lutte n’ont comme but que celui de s’emparer des rapports sociaux pour enrichir leur fond commun : le spectacle.

Pourquoi s’attaquer au cinéma et non pas à la littérature ? Parce que le cinéma en tant qu’art presque total ( de part le fait qu’il peut utiliser les autres arts ) possède une force de persuasion bien supérieure à d’autres arts. De plus, il est sans conteste (avec la musique) l’art le plus populaire de nos jours, dans les sociétés occidentales.

Les termes et les raisons d’être de ce texte ayant étés précisés, il est temps d’exposer notre point de vue.
La production cinématographique entretenant les rapports spectaculaires et la séparation, il faut lui opposer une nouvelle théorie, un nouveau guide, de nouveaux panneaux d’indication pour créer un cinéma réellement poétique. Il ne s’agit pas de créer un dogme ou un cadre figé. Ceux-ci meurent quand leurs auteurs les abandonnent, Lars Von Trier en sait quelque chose. Il ne s’agit pas non plus de créer une doctrine à l’instar du réalisme socialiste car celles-ci deviennent tyranniques et meurent avec les idées. Il s’agit de continuer le mouvement du réel, de le réveiller là où il sommeille. Ce n’est pas un mouvement organisé mais l’expression des forces vitales de chacun et du tout, de tous. S’il fallait résumer ce mouvement en une phrase nous dirions: le cinéma doit s’atteler à retrouver, à découvrir la poésie qui subsiste dans le réel pour l’opposer implicitement à la séparation spectaculaire.

Chaque partie de cette phrase est importante. « Le cinéma doit s’atteler », c’est en effet son rôle historique, en pied de nez à la société spectaculaire, pour lui faire face.
« À retrouver, à découvrir la poésie qui subsiste dans le réel » Comme l’énonce une célèbre chanson nous vivons dans un monde désenchanté. Nous semblons relativement libres mais cette liberté n’a ni fondements, ni buts. La poésie s’essouffle face aux assauts de l’industrie, des conséquences de la séparation. Même les meilleures productions artistiques nous vendent une poésie séparée qui entretient les rapports spectaculaires. Néanmoins, nous croyons qu’en tant qu’humains nous sommes toujours capables d’être spirituels, d’être poétiques. Ilsubsiste, survit une poésie, postmoderne peut être, mais une poésie malgré tout.

« Pour l’opposer implicitement à la séparation spectaculaire » Il ne s’agit pas ici de s’attaquer de front à la société spectaculaire. Cela serait verser dans le militantisme idéologique. Il s’agit de s’opposer à la société spectaculaire, de proposer une alternative en la refusant, en la niant. Montrer qu’une autre relation à la poésie, un autre usage de l’art existe, unifié au réel. Il s’agit de dé-spectaculariser le cinéma, lui enlever l’emprise passive qu’il a sur le réel, tout comme il faut dé-politiser le réel pour sortir de cette emprise totalitaire qu’a aujourd’hui la réflexion politique vide sur nos vies. C’est un autre débat mais intimement lié. Dépolitiser le réel est le seul acte politique valable tout comme dé- spectaculariser l’art est le seul moyen de s’opposer à l’art séparé, l’art de la séparation.

Rappelons juste que ces considérations théoriques et pratiques ne visent pas à un être un diktat, à désigner une fois pour toute la manière « correcte » de faire du cinéma. Ces considérations visent à proposer une manière de penser et de faire un cinéma plus proche de la poésie du réel mais cela n’englobe pas tout le cinéma possible et imaginable.

Ces premières considérations théoriques ayant été posées, passons maintenant à l’explicationpratique, à la manière d’être de ce mouvement.

Il ne s’agit pas de fixer dans le marbre des règles à appliquer à chaque création cinématographique. Chacun doit pouvoir trouver sa voie, sa façon de réaliser. Il s’agit de transmettre des pistes et un état d’esprit via des possibilités, des exemples, qui pourront être repris, délaissés, améliorés. L’important est de saisir cet état d’esprit :

  • Le scénario pourrait être réduit à quelques lignes directrices que les acteurs devront étoffer grâce à l’improvisation qui les pousserait à se comporter réellement. On peut penser au film Out 1 de Jacques Rivette où les acteurs n’avaient que des lignes directrices lors du tournage, ce qui a donné un des films les plus réalistes, voire le plus réaliste du 20ème siècle.
  • Se concentrer sur les situations du quotidien, afin d’en transmettre la poésie au lieu de faire vainement rêver, de contribuer à un rêve séparé du réel.
  • Des artifices techniques réduits permettent de se cantonner uniquement à une représentation telle qu’elle est vécue réellement au quotidien sans fioritures inutiles. S’il faut sublimer un passage avec de la musique pour ajouter la touche d’émotion ou « transcendantale » ( par exemple lors d’un passage « spirituel » ) que les images seules ne peuvent véhiculer, mieux vaut utiliser une musique simple et « brute » ( au sens où la musique n’est pas « surchargée » et est directement reliée à une sensation, par exemple de la noise pour la rage, de l’ambient pour la transe etc… ). Néanmoins mieux vaut ne pas abuser de l’usage de la musique pour éviter de créer de « fausses situations », de sublimer faussement des évènements, de faire croire à des sensations que nul ne vit réellement.
  • Il est recommandable de s’attarder sur les choses : en opposition à la vitesse de ces temps spectaculaires il faut pouvoir s’attarder sur ce qui est filmé, sur le sens des images afin d’en dévoiler la beauté, la richesse. Point d’empressement. On peut penser au film Ten Skies de James Benning qui s’attarde sur le ciel, nous en révèle la beauté, la profondeur, la magie. L’image devra donc retrouver sa simple réalité d’image, en perdant sa pseudo-réalité : renvoyer à la réalité, en transperçant la couche spectaculaire. Quand le film montrera la lune, le spectateur sortira du film, pour retrouver la lune.
  • Il faudrait également associer des images, des idées afin de transmettre par un langage « surréaliste » les connexions poétiques qui se font de nos jours. Des trois points précédents nous pouvons imaginer qu’un cinéma qui voudra insister et transmettre une situation spirituelle pourra être un cinéma onirique, dilué dans le temps, surréaliste, « flottant » pour rapprocher de l’extase spirituelle et transcendantale. Contre le cinéma sensationnaliste, faire surgir la lourdeur universelle de l’ordinaire mais, dans le même mouvement, contre le cinéma réaliste, faire surgir l’extra de l’ordinaire.
  • Si The truman show révélait la facticité ambiante du point de vue de la vérité existentielle venant à surgir, le cinéma qui vient révèlera la vérité existentielle du point de vue de la facticité venant à s’interrompre The falseman reality.

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Theoretical and practical sketches for a radical detour of the cinematographic creation.

« The future arts will be upheavals of situations, or nothing. » Debord, Prolegomena to all future cinema.

Film production today is for the vast majority a separate artistic production. What does this mean? That the majority of cinematographic production today supports the spectacular relationships of society, mediates them. Everything that could be experienced directly is removed in a representation and is experienced in it.

The social relations are corrupted. The majority of the current cinematographic production maintains the spectacular social relations by providing ways of interacting, a corrupted representation of reality that will be taken for granted. It doesn’t matter if old ideas are overturned by new ones if these new ones maintain the same separation. The different media points of view that are fighting each other have only one goal: to seize social relationships to enrich their common background: the spectacle.
Why to attack the cinema and not the literature? Because cinema, as an almost total art (because it can use the other arts), has a persuasive force that is far superior to other arts. Moreover, it is unquestionably (with music) the most popular art nowadays, in Western societies.
The terms and the reasons for the existence of this text having been specified, it is time to expose our point of view. The cinematographic production maintaining the spectacular relations and the separation, it is necessary to oppose it a new theory, a new guide, new signs of indication to create a really poetic cinema. It is not a question of creating a dogma or a fixed framework. These die when their authors abandon them, Lars Von Trier knows something about that. It is not a question of creating a doctrine like socialist realism because these become tyrannical and die with the ideas. It is a matter of continuing the movement of reality, of awakening it where it slumbers.

It is not an organized movement but the expression of the vital forces of each and everyone. If we had to summarize this movement in one sentence, we would say: cinema must work to find, to discover the poetry that remains in the real to implicitly oppose the spectacular separation.

Each part of this sentence is important. « Cinema must work » is indeed its historical role, in a nod to the spectacular society, to confront it. « To find, to discover the poetry that remains in reality » As a famous song says, we live in a disenchanted world. We seem to be relatively free but this freedom has neither foundations nor goals. Poetry is running out of steam in the face of the onslaught of industry, the consequences of separation. Even the best artistic productions sell us a separate poetry that maintains spectacular relationships. Nevertheless, we believe that as humans we are still capable of being spiritual, of being poetic. Theyubsist, a poetry survives, postmodern perhaps, but a poetry nevertheless. « To oppose it implicitly to the spectacular separation « It is not a question here of attacking the spectacular society head on. That would be to pour in the ideological militancy. It is a question of opposing the spectacular society, of proposing an alternative by refusing it, by denying it.
To show that another relation to the poetry, another use of the art exists, unified to the real. It is a question of de-spectacularizing the cinema, to remove the passive hold that it has on the real, just as it is necessary to de-politicize the real to leave this totalitarian hold that has today the empty political reflection on our lives. It is another debate but intimately linked.
To depoliticize the real is the only valid political act just as to despectacularize the art is the only means to oppose the separated art, the art of the separation.
Let’s just remember that these theoretical and practical considerations do not aim to be a diktat, to designate once and for all the « correct » way of making cinema. These considerations aim at proposing a way of thinking and making a cinema closer to the poetry of reality, but this does not include all possible and imaginable cinema. These first theoretical considerations having been posed, let us now pass to the practical explanation, to the way of being of this movement.
It is not a question of setting in stone rules to be applied to each cinematographic creation.
Everyone must be able to find their own way, their own way of achieving. It is a question of transmitting tracks and a state of mind via possibilities, examples, which can be taken up, abandoned, improved.
The important thing is to grasp this state of mind:
– The script could be reduced to a few guidelines that the actors will have to flesh out thanks to the improvisation that would push them to really behave. One can think of Jacques Rivette’s film Out 1 where the actors were left to their own devices during the shooting, which resulted in one of the most realistic films of the 20th century.
– Focusing on everyday situations, in order to transmit their poetry instead of vainly making people dream, contributing to a dream separated from reality.
– Reduced technical artifices allow us to confine ourselves only to a representation such as it is really lived in everyday life without useless embellishments. If it is necessary to sublimate a passage with music to add the touch of emotion or « transcendental » (for example during a « spiritual » passage) that images alone cannot convey, it is better to use simple and « raw » music (in the sense that the music is not « overloaded » and is directly linked to a sensation, for example noise for rage, ambient for trance etc.). Nevertheless, it is better not to abuse the use of music to avoid creating « false situations », to falsely sublimate events, to make people believe in sensations that no one really experiences.
– It is advisable to linger on things: in opposition to the speed of these spectacular times, it is necessary to be able to linger on what is filmed, on the meaning of the images in order to reveal their beauty, their richness. No hurry. We can think of the film Ten Skies by James Benning which lingers on the sky, revealing its beauty, its depth, its magic. The image will have to find its simple reality of image, by losing its pseudo-reality: to return to the reality, by transpiercing the spectacular layer.

When the film shows the moon, the spectator will leave the film, to find the moon.
– It would also be necessary to associate images, ideas in order to transmit by a « surrealist » language the poetic connections that are made nowadays. From the three previous points we can imagine that a cinema that wants to insist and transmit a spiritual situation could be a dreamlike cinema, diluted in time, surrealist, « floating » to bring closer to the spiritual and transcendental ecstasy.
– Against sensationalist cinema, to bring out the universal heaviness of the ordinary but, in the same movement, against realistic cinema, to bring out the extra of the ordinary.
– If The Truman Show revealed the ambient facticity from the point of view of the existential truth coming to arise, the cinema that is coming will reveal the existential truth from the point of view of the facticity coming to be interrupted: The falseman reality.

Quel pouvoir ont les pouvoirs ?

Il va de soi que la domination existe et ne se prive pas de s’exercer aux quatre coins du monde, qu’elle est lourdement équipée, et qu’elle dispose de marges de manœuvres, y compris de basses manœuvres.

Debord dans les Commentaires sur la société du spectacle consacre une large place à l’analyse du fonctionnement des pouvoirs en place.

Mais, écrit-il, « Il faut pourtant ajouter, à la liste des triomphes du pouvoir, un résultat pour lui négatif : un État, dans la gestion duquel s’installe durablement un grand déficit de connaissances historiques, ne peut plus être conduit stratégiquement. »

En effet, quand l’histoire devient hermétique à ceux qui s’en veulent les figures présentes, c’est alors l’ensemble de leurs actions qui sont affectées par ce déficit : ils naviguent à vue en pleine nuit sur ce Titanic qui a déjà heurté la réalité et commencé de couler.

Ils affectent d’être aux commandes, mais celles-ci ne répondent plus ; ou bien leur répondent avec le froid mépris du désastre angoissant qui s’accomplit.

Les pouvoirs en sont donc réduits à trancher à l’aveugle, sans pouvoir mesurer vraiment ni les causes, ni les conséquences, quant aux décisions toujours plus urgentes qu’il faudra prendre dans tous les domaines.

Certes ils disposent comme jamais dans le passé d’une masse démente de paramètres réglés sur la perpétuation de leur domination, mais ils se heurtent à chaque fois, comme le relève aussi Debord, à la « contradiction entre la masse des informations relevées sur un nombre croissant d’individus, et le temps et l’intelligence disponibles pour les analyser ; ou tout simplement leur intérêt possible. L’abondance de la matière oblige à la résumer à chaque étage : beaucoup en disparaît, et le restant est encore trop long pour être lu. La conduite de la surveillance et de la manipulation n’est pas unifiée. Partout en effet, on lutte pour le partage des profits ; et donc aussi pour le développement prioritaire de telle ou telle virtualité de la société existante, au détriment de toutes ses autres virtualités. »

De sorte que les rivalités des pouvoirs de toutes sortes leur font continuellement miroiter l’espoir d’une « espèce d’hégémonie » qui se trouve, ajoute-t-il, « privée de sens. Car le sens s’est perdu avec le centre connaissable. »

Le spectacle ne nous aura sans doute rien épargné, mais il ne s’est pas arrêté aux portes des Palais : là-bas aussi, l’illusion sert de boussole.

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The limits of power of the powers.

It is true that Debord, in his Commentaries on the Society of the Spectacle, devotes a great deal of space to the analysis of the functioning of the powers that be.
But, he writes, « We must, however, add to this list of the triumphs of power a result that is negative for him: a state, in the management of which a great deficit of historical knowledge is permanently installed, can no longer be led strategically. « 
Indeed, when history becomes hermetic to those who want to be its present figures, it is then all of their actions that are affected by this deficit: they are navigating by sight in the middle of the night on this Titanic that has already hit reality and started to sink.
They pretend to be in control, but the controls no longer respond; or they respond with cold contempt for the agonising disaster that is taking place.
The powers that be are thus reduced to making blind decisions, without being able to really measure either the causes or the consequences of the increasingly urgent decisions that need to be taken in all areas.
Of course, they have at their disposal, as never before, an insane mass of parameters set to perpetuate their domination, but they come up against each time, as Debord also points out, the « contradiction between the mass of information gathered on a growing number of individuals, and the time and intelligence available to analyse it; or quite simply its possible interest. The abundance of material obliges one to summarise it at every level: much of it disappears, and the rest is still too long to read. The conduct of surveillance and manipulation is not unified. Everywhere, in fact, there is a struggle for the sharing of profits; and thus also for the priority development of this or that virtuality of the existing society, to the detriment of all its other virtualities. « 
So that the rivalries of powers of all kinds continually hold out the hope of a « kind of hegemony » which is, he adds, « deprived of meaning. For meaning has been lost with the knowable centre. « 
The show will no doubt have spared us nothing, but it did not stop at the gates of the Palaces: there too, illusion serves as a compass.



De quoi la parade vaccinale est-elle le symptôme ?

En moins de deux siècles le capitalisme a dévasté la planète et dérèglé la totalité des relations vivantes.

Ce faisant, il a certainement manifesté la puissance ingénieuse de l’espèce humaine, mais sous le seul trait de l’impérialisme technoscientifique.

De sorte que l’espèce humaine se dresse avec toujours plus d’hostilité face à la totalité naturelle, que ni la technique ni la science ne sauraient réduire, et que celle-ci le lui rend bien, sous la forme de catastrophes en tous genres.

Un virus comme le Covid 19 fait bien évidemment partie de ces catastrophes, qu’il ait été directement ou indirectement produit ou simplement induit par le développement industriel et totalitaire de la technoscience.

En bref, plus l’emprise technoscientifique s’étend, plus elle dévaste et dérègle tout, plus augmentent alors les catastrophes, sur lesquelles il devient impérieux d’étendre l’emprise technoscientifique, parce qu’elle est la seule réponse concevable par le système, réponse dont la logique exclusive et excluante augmentera toujours plus le dérèglement de tout. Et ainsi de suite.

Pour faire face à l’hostilité « naturelle » qu’elle a elle-même produite ou induite, l’emprise technoscientifique doit devenir elle-même toujours plus agressive, et pour finir plus intrusive.

Sa seule perspective finale, totalement utopique, est la mise au pas progressive de la nature, du génome en particulier, et de l’humanité, de la liberté en particulier.

La science séparée doit tout contrôler, la technique séparée doit tout remplacer.


En suivant cette logique sécessionniste, qui est la seule à sa portée, le système parvient à soulager temporairement le mal, mais toujours en l’aggravant.

C’est évidemment aussi dans cette logique que s’inscrit la parade vaccinale : parade dans les deux sens du terme : à la fois mise en scène spectaculaire et arme de défense ponctuelle.

On fera donc sans doute reculer un virus, mais aussi la naturalité des défenses immunitaires ; on préservera ainsi le paradigme économique mortifère, qui libérera demain d’autres virus.

Le remède temporaire doit simplement permettre au système de durer, induisant des situations toujours plus chaotiques, nécessitant une emprise technoscientifique accrue, nécessairement assortie d’un contrôle sociétal toujours plus poussé, dont la légitimité autoritaire n’échappera pas au plus grand nombre, puisque toute emprise sur sa propre vie lui a, depuis longtemps déjà, été démocratiquement retirée.

Aucune alternative réaliste n’est possible à ce scénario à marche forcée, sinon de sortir clairement du paradigme technoscientifique, ce qui n’est pas une mince affaire, car cela engage non seulement la totalité des formes sociétales connues, mais aussi et surtout – et avant tout – une transformation en profondeur de notre philosophie existentielle. Le totalitarisme technoscientifique dont nous vivons les aimables commencements exige une rupture civilisationnelle radicale à côté de quoi la Renaissance a quelque chose d’anecdotique.

Les diverses oppositions et résistances à ce qu’on appelle présentement la « dictature sanitaire » traduisent confusément cette prise de conscience de la nécessité d’une rupture radicale : rupture qui, pour devenir effective, devra s’opérer dans la plus profonde intimité des consciences.

S’il est vrai que « sous le spectaculaire intégré, on vit et on meurt au point de confluence d’un très grand nombre de mystères » (Debord), la réappropriation de nos vies commence par la re-création du sens de la vie.

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What is the vaccine parade a symptom of?

In less than two centuries, capitalism has devastated the planet and disrupted the totality of living relationships.

In doing so, it has certainly manifested the ingenious power of the human species, but only in the form of techno-scientific imperialism.

In this way, the human species is increasingly hostile to the natural totality, which neither technology nor science can reduce, and the latter returns it well, in the form of catastrophes of all kinds.

A virus like Covid 19 is obviously part of these catastrophes, whether it has been directly or indirectly produced or simply induced by the industrial and totalitarian development of technoscience.

In short, the more the techno-scientific hold extends, the more it devastates and disrupts everything, the more the catastrophes increase, on which it becomes imperative to extend the techno-scientific hold, because it is the only answer conceivable by the system, an answer whose exclusive and excluding logic will always increase the disruption of everything. And so on.

To face the « natural » hostility that it has itself produced or induced, the techno-scientific hold must itself become ever more aggressive, and finally more intrusive.

Its only final perspective, totally utopian, is the progressive control of nature, of the genome in particular, and of humanity, of freedom in particular.

Separate science must control everything, separate technology must replace everything.

By following this secessionist logic, which is the only one within its reach, the system succeeds in temporarily alleviating the evil, but always by aggravating it.

It is obviously also in this logic that the vaccine parade fits in: a parade in both senses of the term: both a spectacular staging and a punctual defense weapon.

We will undoubtedly reduce a virus, but also the naturalness of the immune system; we will thus preserve the deadly economic paradigm, which will release other viruses tomorrow.

The temporary remedy must simply allow the system to last, inducing ever more chaotic situations, requiring an increased techno-scientific hold, necessarily accompanied by an ever more advanced societal control, the authoritarian legitimacy of which will not escape the majority of people, since any hold on their own lives has, for a long time already, been democratically withdrawn.

No realistic alternative is possible to this forced march scenario, except to clearly leave the techno-scientific paradigm, which is no small matter, because it involves not only the totality of the known societal forms, but also and above all – a profound transformation of our existential philosophy. The techno-scientific totalitarianism of which we are living the pleasant beginnings requires a radical civilizational rupture, beside which the Renaissance has something of anecdote.

The various oppositions and resistances to what is currently called the « sanitary dictatorship » are a confused expression of this awareness of the necessity of a radical rupture: a rupture which, in order to become effective, will have to take place in the deepest intimacy of consciousness.

If it is true that « under the integrated spectacular, we live and die at the confluence of a great number of mysteries » (Debord), the reappropriation of our lives begins with the re-creation of the meaning of life.

Comment l’esprit vient aux choses.

La valeur d’un produit qui n’est pas une marchandise est entièrement et exclusivement déterminée par ses qualités, qui se ramènent à l’usage que l’on peut en faire. Cette valeur est en partie objective ; il s’agit des propriétés utilisables de l’objet, et en partie subjective ; il s’agit de la réception de ces propriétés par un sujet : comment il les perçoit, ce qu’il envisage d’en faire dans sa vie singulière.

Pour ce qui est d’une marchandise, il s’agit d’un produit qui bien sûr conserve sa valeur d’usage, mais qui présente d’abord la particularité d’être équivalent à une somme d’argent : le produit vaut un certain prix. Ce prix n’est pas déterminé par le temps de travail, la rareté, l’utilité de l’objet, sinon de façon inessentielle, périphérique.

Ce qui détermine – tautologiquement – le prix de l’objet, c’est qu’il a un prix.

Une fois devenue marchandise, un objet n’appartient ni à son producteur, ni à son consommateur, sinon de façon inessentielle, périphérique. Il appartient à l’argent. C’est l’argent qui lui donne sa valeur, qui sera convertie en prix, pour les commodités de l’échange.

Le prix d’un objet peut augmenter, s’effondrer pour toutes sortes de raisons inessentielles du point de vue de l’argent : l’essentiel est que l’objet garde un prix, et donc une valeur marchande ; et donc continue d’appartenir à l’argent.

Qu’est-ce alors que l’argent ? La représentation universelle abstraite de la richesse. Quelle richesse ? Toute la richesse.

Avoir de l’argent, c’est entrer dans la représentation de la richesse ; y tenir un rôle, ne serait-ce que comme figurant. Mais cette représentation est abstraite. L’argent n’a pas d’odeur, ni de goût, ni aucune autre qualité sensible nécessaire. C’est pourquoi il peut avantageusement se passer de toute forme matérielle.

L’argent est la pure spiritualité désincarnée : il est l’esprit de tout s’étant éloigné et élevé au-dessus de tout.

L’argent a dévalisé le monde de tout, de sorte que le monde est vide, sans intérêt, désenchanté – à moins d’avoir de l’argent.

Et quand on a de l’argent, ce n’est pas pour vivre le monde, qui n’est plus rien sinon de façon inessentielle, périphérique, mais pour vivre l’argent, pour participer à la représentation universelle de la richesse.

Le riche est celui qui sent non pas qu’il est riche, car il n’est riche de rien, sinon de façon inessentielle, périphérique, mais celui qui sent qu’il représente la richesse. Et la marchandise riche n’est pas riche de ses qualités intrinsèques, sinon de façon inessentielle, périphérique, mais elle est riche en proportion de sa capacité à représenter la richesse universelle : elle en jette.

Ce qui fait la valeur d’une marchandise, c’est sa capacité à donner corps à l’abstraction ; sa capacité à mettre en spectacle la richesse universelle contenue dans l’argent.

Le spectateur qui a réussi devient ipso facto une vedette et donc il se voit acteur, il peut donc oublier un temps qu’il n’est que le spectateur d’une vie qui n’est qu’un spectacle, il peut croire qu’il est différent des figurants : il est l’illusion réalisée.

La boucle est bouclée. La vie perdue dans la production de la richesse universelle abstraite, qui est identique à la production universelle du non vécu, revient aux vivants comme représentations désirables et désirs de représentations.

La vie retrouvée consiste à désirer déserter ces désirs.

How the mind comes to things.

The value of a product that is not a commodity is entirely and exclusively determined by its qualities, which come down to the use that one can make of it. This value is partly objective; it concerns the usable properties of the object, and partly subjective; it concerns the reception of these properties by a subject: how he perceives them, what he plans to do with them in his singular life.
As far as a commodity is concerned, it is a product which of course retains its use value, but which first of all has the particularity of being equivalent to a sum of money: the product is worth a certain price. This price is not determined by the labor time, the scarcity, the utility of the object, except in an inessential, peripheral way. What determines – tautologically – the price of the object is that it has a price.
Once it has become a commodity, an object belongs neither to its producer nor to its consumer, except in an inessential, peripheral way. It belongs to money. It is money that gives it its value, which will be converted into price, for the convenience of exchange. The price of an object can rise or fall for all sorts of reasons that are inessential from the point of view of money: the essential thing is that the object retains a price, and thus a market value; and thus continues to belong to money.
What then is money? The universal abstract representation of wealth. What wealth? All wealth. To have money is to enter into the representation of wealth; to play a role in it, if only as an extra. But this representation is abstract. Money has no smell, no taste, no other necessary sensible quality. That is why it can advantageously do without any material form.
Money is pure disembodied spirituality: it is the spirit of everything having moved away and risen above everything.
Money has robbed the world of everything, so that the world is empty, meaningless, disenchanted – unless you have money. And when one has money, it is not to live the world, which is no longer anything but inessential, peripheral, but to live money, to participate in the universal representation of wealth.
The rich man is the one who feels not that he is rich, because he is rich of nothing, except in an inessential, peripheral way, but the one who feels that he represents wealth. And the rich commodity is not rich because of its intrinsic qualities, except in an inessential, peripheral way, but it is rich in proportion to its capacity to represent universal wealth: it throws up a lot.
What makes a commodity valuable is its capacity to give substance to abstraction; its capacity to put on display the universal wealth contained in money.
The spectator who has succeeded becomes ipso facto a star and therefore sees himself as an actor, he can forget for a while that he is only the spectator of a life that is only a show, he can believe that he is different from the extras: he is the illusion realized.
The loop is buckled. The life lost in the production of the universal abstract wealth, which is identical to the universal production of the unlived, returns to the living as desirable representations and desires of representations.
The recovered life consists in desiring to desert these desires.

La pornographie comme injonction finale de la marchandise.

« Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l’unité de cette vie ne peut plus être rétablie… La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. »

Guy Debord, La société du spectacle.

Pourquoi cette unité ne peut-elle être rétablie ? Parce que ce « cours commun » dans lequel ont fusionné ces images n’est évidemment pas le mouvement de la vie, mais le contraire, « le mouvement autonome du non vivant » : les images séparées y sont rassemblées selon les normes même de la séparation ; en tant qu’images séparées.

Tout est à part, tout est pseudo.

Nous vivons simplement dans un gigantesque mirage hypnotique, et c’est ce qu’on n’a pas envie de voir, car c’est précisément l’envers de tout ce qu’on nous montre.

Par contre, le spectacle n’est pas destiné à n’être objet que « de la seule contemplation ». Il nous ordonne au contraire d’en être simultanément les agents serviles et les acteurs enthousiastes : le conatus du spectateur est de s’efforcer dans le paraître.

Il désire ressembler aux images qui ont fusionné, en fusionnant lui-même avec ces images. C’est ainsi que la scission, pour être achevée, veut s’installer chez tout un chacun comme arrivée enfin chez elle.

Le spectacle vise à réaliser l’exil des pouvoirs humains dans un au-delà implanté au-dedans de chacun ; il vise à achever la scission à l’intérieur de l’homme. 

Par ailleurs, ces images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie ne demeurent pas identiques à ce qu’elles représentent : le spectacle n’est pas une copie de la vie originale, mais son image déformée et dégradée

L’image entrée dans la carrière spectaculaire en adopte fatalement les critères essentiels : superficialité heureuse, fausseté satisfaite, simulation de tous les instants.

Qui veut se faire une place au soleil de l’artificiel devra afficher partout son indifférence à la vertu.

C’est pourquoi, dans l’inconscient du spectateur, l’obscénité s’impose chaque jour plus facilement comme pulsion ultime.

Non pas qu’elle puisse le sauver de sa perte, mais parce qu’elle lui procure cet étrange rire de satisfaction hideuse, dont le spectacle peut finalement se vanter, quand tout en vient à se décomposer, comme de sa marchandise dernier cri.

Nous pensons plutôt que ce n’est que l’écho rétroactif du dernier cri de la marchandise.

(– Mais on ne parle jamais de pornographie dans ce texte ?!)

Spiritualité et spectacularité.

La spiritualité est sans nul doute la notion – et la réalité – la plus occultée par les situationnistes, au profit de la jouissance, du désir et du plaisir. Il est peu douteux que la spiritualité soit – de prîme abord – clairement moins excitante que la jouissance, et même qu’elle semble en être l’antonyme.

En effet, « vivre sans temps mort » exclut d’office toute spiritualité, qui implique quant à elle – et quelle qu’elle soit – justement d’en passer par une sorte de temps « mort » ; une distance face à soi-même, un espace d’apparente passivité. 

Quant à « jouir sans entraves », cela s’accorde mal a priori avec l’état de non désir – ou, à l’extrême, de vacuité – propre à la méditation.

Précisons : nous ne sommes en rien contre la jouissance, bien au contraire.

Mais, d’une part nous pensons qu’il est possible – et nécessaire – de savoir tirer de la jouissance même d’une entrave, d’autre part l’idée d’une jouissance absolue – toute autre serait entravée -renvoie à l’idée d’une vie divine, ce qui enclenche dans l’immédiat une réflexion spirituelle.

Enfin, pour ce qui est de « vivre sans temps mort », il nous semble que c’est accorder beaucoup trop d’importance au temps, et donc à la mort.

Nous n’allons pas passer en revue toutes les formules et toutes les postures prises par les situationnistes pour faire savoir à un monde d’ennui qu’ils étaient « du côté du plaisir ».
Ce que nous cherchons à illustrer ici, c’est une certaine limitation – une limitation certaine- dans le projet situationniste, qui voulait exclure – et radicalement en plus – tout intérêt pour toute forme d’intériorité.

Des gens pressés de vivre, car le temps n’attend pas.

Il nous semble tout au contraire qu’il n’y a rien qui presse sinon le temps ; et que se libérer de cette pression – cette oppression – est la bonne façon d’échapper déjà en partie au temps, de vivre – à temps – un au-delà du temps : un goût d’éternité, à la portée de tout amour.

Reprenons et poursuivons.

De quoi parlons-nous à propos de spiritualité ? De ce que les philosophes antiques désignaient comme « souci de soi ». Ce « souci » consiste essentiellement en une attention bienveillante et exigeante. Le garçon de café qui se prend pour un garçon de café rentre chez lui : là, il arrête de servir des clients, il arrête de voir les autres comme des clients, il arrête d’être garçon de café, il arrête de servir. Il n’est plus non plus pressé, il ne court plus après le temps, il se moque du temps. Il est assis, il ne fait rien extérieurement : il est vraiment rentré chez lui.

Il y voit défiler des personnages, dont il fait partie, et il remarque attentivement ce qui les fait se mouvoir, en paroles et en actes, un peu tous de la même façon convenue : il est juste en train de déconstruire la spectacularité.

Cette réflexion sur soi se déroule sur une sorte de scène intérieure où défilent des représentations, dont une image de soi. Mais celui qui observe ces images n’est justement pas lui-même une image : c’est là très précisément que l’on se ressaisit véridiquement.

C’est aussi en quoi et pourquoi la vie spirituelle est l’arme ultime et décisive contre la société du spectacle.

La libération par l’esprit est celle qui les contient toutes.

Face à soi-même, les masques tombent, et si l’on y regarde de plus près – et assez longtemps -, les marionnettistes – interieurs et extérieurs – sont eux aussi démasqués.

C’est là qu’on devient en quelque sorte un artisan en véridicité. Voire un artiste.

Vous en croisez parfois dans les rues : il y a en eux quelque chose de transperçant : quelque chose qui transperce les apparences. C’est parce qu’ils vivent déjà dans l’au-delà : l’au-delà du spectacle.

Il nous reste à préciser un point essentiel : quelle spiritualité ? Athée, bouddhiste,matérialiste, déiste, animiste, etc ? On s’en fiche. L’important est l’ouverture, la fluidité : laisser la voie libre aux dépassements possibles, aux dialectiques inattendues, aux déterminations imprévues.

Et pour couronner le tout, à la fraternité active et véridique.

Les futurs conseils révolutionnaires seront des assemblées spirituelles, leurs membres seront tous déjà vainqueurs.

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Spirituality and spectacularity.

Spirituality is undoubtedly the notion – and the reality – that is most obscured by the situationists, in favor of enjoyment, desire and pleasure. There is little doubt that spirituality is – at first glance – clearly less exciting than enjoyment, and even that it seems to be its antonym.

Indeed, « to live without dead time » excludes automatically any spirituality, which implies – and whatever it is – precisely to pass by a kind of « dead » time; a distance in front of oneself, a space of apparent passivity.

As for « unfettered enjoyment », this does not fit well a priori with the state of non-desire – or, at the extreme, of emptiness – proper to meditation.

Let us be clear: we are in no way against enjoyment, quite the contrary.

But, on the one hand, we think that it is possible – and necessary – to know how to derive enjoyment even from a hindrance, on the other hand, the idea of an absolute enjoyment – any other would be hindered – leads to the idea of a divine life, which immediately triggers a spiritual reflection.

Finally, as far as « living without dead time » is concerned, it seems to us that this is giving too much importance to time, and therefore to death.

We are not going to go through all the formulas and all the postures taken by the situationists to let a world of boredom know that they were « on the side of pleasure.
What we are trying to illustrate here is a certain limitation – a certain limitation – in the situationist project, which wanted to exclude – and radically at that – any interest in any form of interiority.

People in a hurry to live, because time does not wait.

It seems to us, on the contrary, that there is nothing in a hurry but time; and that to free oneself from this pressure – this oppression – is the right way to escape already in part from time, to live – in time – a beyond of time: a taste of eternity, within the reach of all love.

Let’s go back and continue.

What are we talking about in terms of spirituality? About what the ancient philosophers called « self-care ». This « concern » consists essentially of a benevolent and demanding attention. The waiter who thinks he is a waiter goes home: there he stops serving customers, he stops seeing others as customers, he stops being a waiter, he stops serving. He is no longer in a hurry, he no longer runs after time, he doesn’t care about time. He is sitting down, doing nothing outwardly: he has really returned home.

He sees characters pass by, of which he is a part, and he carefully notices what makes them move, in words and in deeds, all in the same conventional way: he is just deconstructing spectacularity.

This reflection on oneself takes place on a kind of interior stage where representations, including an image of oneself, are paraded. But the one who observes these images is not himself an image: it is precisely there that one re-seizes oneself truthfully.

This is also why the spiritual life is the ultimate and decisive weapon against the society of the spectacle.

Liberation through the spirit is the one that contains them all.

Facing oneself, the masks fall off, and if one looks closely enough – and long enough – the puppeteers – inside and outside – are also unmasked.

That’s when you become a sort of craftsman in truth. Even an artist.

You sometimes meet them in the streets: there is something piercing in them: something that pierces appearances. This is because they already live in the beyond: the beyond of the show.

There remains for us to specify an essential point: what spirituality? Atheist, Buddhist, materialist, deist, animist, etc? We don’t care. The important thing is openness, fluidity: to leave the way open to possible overtakings, to unexpected dialectics, to unforeseen determinations.

And to crown it all, to active and truthful fraternity.

The future revolutionary councils will be spiritual assemblies, their members will all already be winners.