La revue internationale. Cahier n°2. Téléchargement libre et rapide/ The international review. Booklet n°2. Free and fast download.

Contents:

Nature, ecology and anarchy: an in-depth and innovative dossier.

Science: destruction of the modern idol.

– A new breakthrough on the question of fetishism and value (includes alienated labor ID card).

– A new approach to the relationship between revolution, philosophy and spirituality.

– A radical critical analysis of the current orientations of the society of the spectacle.

Au sommaire :

  • Nature, écologie et anarchie : un dossier approfondi et novateur.
  • « Science » : destruction de l’idole moderne.
  • Une nouvelle percée sur la question du fétichisme et de la valeur (inclus la Carte d’identité du travail aliéné).
  • Une approche inédite des relations entre révolution, philosophie et spiritualités.
  • L’analyse critique radicale des orientations actuelles de la société du spectacle.

Nos buts et nos méthodes, vision simplifiée.

– Dans la lignée des situationnistes, réinstaller – patiemment et dans la durée – une critique radicale de la domination-falsification planétaire : la domination, pour être comprise doit être saisie à la racine, et sa racine, c’est l’aliénation de plus en plus poussée de l’humain.

– Dans la lignée des situationnistes, réinvestir méthodiquement et centralement leur outillage théorique : par application des concepts de spectacle, d’aliénation, de falsification. Nous partons de ce constat auquel plus rien n’échappe : « Le spectacle s’est mélangé à toute réalité, en l’irradiant » (Guy Debord).

– Contrairement aux situationnistes, montrer et pratiquer la possibilité et la puissance libératrice immédiate et à long terme d’une émancipation intérieure. Nous puisons et puiserons dans la totalité de l’héritage philosophique ou spirituel, qu’il s’agit de libérer et de renouveler.

– Contrairement aux situationnistes, nous tenir méthodiquement à distance de l’éristique (qui privilégie et manipule l’affrontement polémique au prix de la vérité, de la justesse, de la mesure et de la fraternité). L’éristique, c’est le spectacle comme vérité du langage : « le vrai doit paraître faux et le faux vrai » (Schopenhauer).

Our goals and methods, simplified vision.

  • In the lineage of the situationists, to reinstall – patiently and over time – a radical critique of planetary domination-falsification: domination, in order to be understood, must be grasped at its root, and its root is the ever-increasing alienation of the human.
  • In the line of the situationists, to methodically and centrally reinvest the situationist theoretical toolkit: by applying the concepts of spectacle, alienation, and falsification. We start from this observation from which nothing escapes: « The spectacle has mixed with all reality, irradiating it » (Guy Debord).
  • Unlike the situationists, we want to show and practice the possibility and the immediate and long-term liberating power of an inner emancipation. We draw and will draw from the totality of the philosophical or spiritual heritage, which it is a question of liberating and renewing.
  • Contrary to the situationists, we will methodically keep our distance from eristics (which privileges and manipulates polemical confrontation at the cost of truth, correctness, measure and fraternity). Eristics is the spectacle as the truth of language: « the true must appear false and the false true » (Schopenhauer).

L’entretien imaginaire.

En quoi êtes-vous situationnistes ?
– C’est simple : nous considérons que la caractérisation de la société comme société du spectacle est la plus juste, la plus opérationnelle, la plus élucidante. En un mot : le meilleur outil d’analyse.

Et c’est tout ?

– Nous apprécions aussi ce que Debord appelait « le style de la négation » : un certain tranchant dans l’emploi de l’intelligence, qui permet d’opérer une identification instantanée et parlante entre tout ce qui participe du spectacle et tout ce qui tend à s’en démarquer.

Nous trouvons aussi un intérêt dans l’idée de créer des situations qui permettent des sauts qualitatifs dans l’existence et dans la conscience.

En quoi vous différenciez-vous de l’I.S ?

– Nous ne reprenons pas du tout à notre compte l’ensemble du contenu et des pratiques immoralistes dont se sont gargarisés les suivistes de l’I.S, et dont la société actuelle s’est non seulement très bien accommodée, mais dont elle a même fait en quelque sorte le clou du spectacle : jouir, et vite. Les pratiques immorales dont les situationnistes se flattaient qu’elles scandalisent, sont devenues l’ordinaire des « élites », le modèle affiché de la réussite insolente.

Êtes-vous des moralistes ?

– Nous nous situons radicalement par-delà le moralisme et l’immoralisme. Ce qui nous intéresse, c’est le développement de la vie, dans ses dimensions individuelles ou communes comme totalité et comme unité. La jouissance éphémère et séparée, c’est pour les esclaves de la séparation, toutes celles et tous ceux qui se sont résignés à croupir dans le bagne du temps. L’épanouissement unitaire a quelque chose d’éternel, dont le goût est accessible en toutes choses. Maintenant et tout de suite.

N’est-ce pas une façon de ramener finalement la religion, et Dieu, dans les mentalités ?

– Dites-nous ce que vous appelez religion, vous nous ferez plaisir, et surtout vous y verrez plus clair.

Nous faisons évidemment nôtre la critique de la « religion » qui commence dès l’antiquité, et se poursuit jusque chez les situationnistes. La « religion » comme consolation illusoire et consommation de l’illusoire – en ce sens la société du spectacle est d’essence religieuse -, la religion comme domination et auxiliaire de la domination, et bien sûr la religion comme séparation. A ce titre, écarter toute religiosité de la perspective d’un homme total, vouloir la supprimer sans la réaliser, c’est une séparation majeure, qui est pour beaucoup dans l’échec situationniste, nous y reviendrons.

Si par contre on saisit la religion comme liaison créatrice avec la totalité vivante, nous sommes très religieux. Quant à « Dieu », puisqu’on nous dit qu’il serait mort, nous nous intéressons à ce qui n’est pas mort avec cette mort : nous considérons comme une vérité radicale, et même comme la radicalité de toute vérité que derrière l’appellation « Dieu » (qu’on en fasse un mot saint ou un gros mot nous indiffère), se trouve le fait que tout est littéralement possible. Nous affirmons que c’est quelque chose d’expérimentable dans la vie la plus ordinaire. Voilà de quoi créer d’intéressantes situations !

Vous risquez surtout d’être doublement incompris et rejetés : par la tradition marxiste, anarchiste, situationniste d’une part ; par les religions d’autre part.

– Ce risque est plutôt une chance : si nous sommes dans le vrai, et qu’il pousse comme nous le disons, alors nous serons peut-être un moment de son chant, une des étapes de sa floraison. Un signe du Printemps.