Titre au choix.

A moins de confondre une courte vidéo à audience limitée et le soulèvement social de millions de consciences, il apparaît clairement que cette modeste création n’espère ni impacter notablement la falsification généralisée, ni déclencher une soudaine insurrection, et pas plus fournir prêtes à l’emploi les armes théoriques et pratiques de l’émancipation. Il ne s’agit que de clartés éparses et dissociées, comme elles surgissent parfois à l’improviste, sans causalité apparente, au détour des horaires, d’une conversation qui n’a que trop duré, d’un moment d’absence, au réveil ou au contraire au moment où le sommeil nous gagne. Ce ne sont pourtant pas n’importe quelles divagations ; leur succession est naturellement réglée par l’incessant défilement des mensonges censés nous tenir lieu d’informations, et dont la cacophonie, plus encore que les contenus particuliers, a pour but cette ablation de l’attention qui ôte à la conscience le goût de dépasser le stade des zéros sociaux et de leurs commentaires ad hoc. Elles sont en réalité l’image renversée du morcellement de toute vérité. Leur unité n’est pas dans l’énoncé, mais dans la sensibilité qui l’a construit.