« Ils me prennent pour quelqu’un de bien. C’est parfait. »

Dans le monde intérieur du pourri chaque pensée moisit avant d’avoir rencontré la moindre trace de lumière, les émotions s’y décomposent en intérêts, les désirs en calculs, les paroles en péages. La joie y est mauvaise, et le mauvais y est tristesse.
Il avance dans un univers dont il a de lui-même tout corrompu, jusqu’au jour où il ne lui reste à respirer que les émanations de sa propre décomposition.
Il dit régner parce qu’il additionne les victoires aigries de son moi, son moi moisi pour qui l’autre n’existe que comme proie, ou marchepied, sinon obstacle, ou alibi.
Le pourri ne détruit pas seulement ce qu’il touche. Il transforme surtout son intérieur en dépotoir.
Ce qu’il appelle réussir, quel que soit le domaine, se compte en dignité, honneur, générosité piétinées. Les siennes en tout premier.
Comme il est laid !
Chaque victoire lui fait une grimace.
Et si le but de tout humain est de développer en lui la conscience, la sensibilité à toute forme de vie et d’améliorer son humanité, ceux-là sont devenus pour ainsi dire presque comme une autre espèce : aucun humain à peu près intact ne tiendrait même une heure dans les « pensées », les « plaisirs » et les « espoirs » d’une telle pourriture. L’enfer, c’est leur hôte.





