C’monde un peu trop oppressant M’a pris ce qui était précieux Donc grosse dépression Et les deux poings serrés
Les deux poings scellés
– par l’amour.
De rien j’écris mille beautés Ça rentre comme un billet sale De rien je fais mille bontés Ça sort comme un millier d’âmes De migrants ou de milliers d’arbres.
غرفة صغيرة صالحة للحياة غرفة صغيرة وضيقة صالحة للموت غرفة صغيرة ورطبة لا تصلح لشيء غرفة صغيرة فيها امرأة تقشر البطاطا واليأس عامل لا ينام أبدا بنت تبكي كثيرا بدون سبب وأنا ولد مشاكس وغير لئيم لدي كتب وأصدقاء ولا شيء غير ذلك
ومنذ أن ولدت بلا وطن ومنذ أن أصبح الوطن قبرا ومنذ أن أصبح القبر كتابا ومنذ أن أصبح الكتاب معتقلا ومنذ أن أصبح المعتقل حلما ومنذ أن أصبح الحلم وطنا بحثت عن غرفة صغيرة وضيقة أستطيع أن أتنفس فيها بحرية
أخلع ثيابي وأنام أخلع فمي وأتكلم أخلع قدمي وأقوم بنزهة تحت غبار السرير مفتشا عن بقايا أطعمة وقطط تجب المداعبة
(…) في غرفة صغيرة وضيقة صالحة للبكاء في غرفة صغيرة وضيقة صالحة للحب في غرفة صغيرة وضيقة صالحة للمؤامرات لم أستطع أن أتآمر على أحد لم أستطع أن أفعل شيئا
في غرفة صالحة للكتابة لم أستطع الا كتابة وصيتي الأخيرة الغرفة الصغيرة الممدة فوق سرير الأرض قابلة مثلي للتشريح ومثلي قابلة للابادة
في الغرفة الصغيرة الضيقة أقرأ الصحف والمذابح أعوي كعاصفة وأغرد كسنبلة أنا نهر مكسور وأحيانا أٌمَة مضطهدة.
Une petite chambre juste assez bonne pour y vivre une chambre petit et étroite assez bonne pour y mourir une chambre petite et humide qui n’est bonne à rien une petite chambre où une femme épluche des pommes de terre et le désespoir où un ouvrier ne dort jamais où une fille pleure beaucoup sans raison et où moi qui suis un garnement mais pas méchant j’ai des livres et des amis et rien de plus
Depuis que je suis né sans patrie depuis que la patrie est devenue une tombe depuis que la tombe est devenue un livre depuis que le livre est devenu un camp de prisonniers depuis que le camp est devenu un rêve depuis que le rêve est devenu une patrie je cherche une chambre petite et étroite où je pourrais respirer en liberté
j’ôte mes vêtements et je dors j’ôte ma bouche et je parle j’ôte mes pieds et je me promène dans la poussière du lit cherchant des restes de nourriture et des chats friands de caresses
(…) Dans une chambre petite et étroite assez bonne pour les pleurs dans une chambre petite et étroite assez bonne pour l’amour dans une chambre petite et étroite assez bonne pour les complots je n’ai pu conspirer contre personne je n’ai rien pu faire
Dans une chambre assez bonne pour l’écriture je n’ai pu écrire que mes dernières volontés la chambre petite étendue comme un cadavre sur le lit de la terre assez bonne comme moi pour la dissection comme moi susceptible d’être exterminée
Dans la chambre petite étroite je lis les journaux et les massacres j’aboie comme une tempête et je gazouille comme un épi je suis un fleuve brisé et quelquefois une nation persécutée.
Au milieu des places boursouflées Par les flammes et les langueurs Des armes lacrymales, S’élèvent en colonnes éblouissantes (Sans crier gare) Deux ou trois rêves Soudainement apparents Lancés dans la mêlée.
Si les tonfas les matraquent Rappliquent à tout va Pour les rabattre à terre Nous les voyons, nous, inouïs, qui tiennent bon !
Ils dominent d’une aura incontestable ; Qui est placé devant ne peut taire Cette présence à tous singulière Pourtant à nos sens si familière.
L’avions-nous prémédité Au milieu des hourras, des prières, Des clameurs dernières, Derrière les masques et les raideurs Des corps crispés ou fiers S’arrangeant d’un destin sans césure ?
Deux ou trois visions fugaces (Héroïques !) D’une joie mélangée Qui s’incarnent au milieu des tourments en volutes Et voilà que nul casque à visière Ne saurait entraver notre conquête lumineuse Qui pourtant bute fatalement Au milieu d’un destin esseulé.
Les visions incarnées suivent leur voie (Elles le doivent nécessairement) Jusqu’au prochain remous Après le ressac Et revigoreront encore la marée de colère Qui dans son battement implacable, Inaltérable, Déferlera en un ultime mouvement altier, Inénarrable lorsqu’il s’achève.
Le monde marchand est en sursis ! Il spécule sur l’éternité de sa victoire Quand la bataille est en passe de décimer l’ensemble des troupes, De coloniser l’espace Et de solder tout espoir.
Nous ne voyons déjà plus les étoiles filantes s’abîmer Tandis que femmes et hommes s’animent une dernière fois – Longs de plusieurs vies – D’un mouvement raide comme celui des pantins, Les camisoles chimiques rendues inopérantes face à la béance de leur détresse.
Leur existence serait-elle, elle aussi, un simple sursis ?
L’hallucination luisante sur les pupilles Aurait-elle fini par emporter la vie ?
C’est là le vain espoir, Des marchands de sable hagards, Perdus dans leur chimère désarçonnante D’immenses cités-mouroirs. Ils répètent leurs maximes à qui veut l’entendre, Pleines des caricatures éternelles, Pourtant devenues des vérités palpables, Au sein des décors postiches Et de la soumission triomphante. Ainsi se plaisent-ils à louer, Suffisants comme des juges récitant leur Loi, La marche du progrès Ou la naturalisation des chaînes et des serfs.
En ces sphères de l’abaissement continu, Là où pollution et vie animale se vendent et s’achètent au plus bas prix, Où les garde-fous ne circonscrivent plus que l’invivable, Aurait-on enfin atteint les rives létales de l’innommable ?
Cela Ou l’ultime parade Des esclaves qui cessent de l’être.
1806 : Premier discours de Hegel, Conférences de Iéna de 1806, allocution finale.
« Messieurs, Nous sommes situés dans une époque importante, dans une fermentation, où l’Esprit a fait un bond en avant, a dépassé sa forme concrète antérieure et en acquiert une nouvelle. Toute la masse des idées et des concepts qui ont eu cours jusqu’ici, les liens mêmes du monde, sont dissous et s’effondrent en eux-mêmes comme une vision de rêve. Il se prépare une nouvelle sortie de l’Esprit et c’est la philosophie qui doit en premier lieu saluer son apparition et la reconnaître, tandis que d’autres, dans une résistance impuissante, restent collés au passé.
Mais la philosophie, en le reconnaissant comme ce qui est éternel, doit lui présenter des hommages ».
2025 : Hegel ta gueule.
« Compagnes et compagnons.
Nous sommes situés dans une époque importante, dans une fermentation, où l’Esprit semble avoir fait un saut dans le vide, abandonné toute forme concrète pour retourner au possible absolu.
Toute la masse des idées et des concepts qui ont eu cours jusqu’ici, les liens mêmes du monde, sont dissous et s’effondrent en eux-mêmes en tant que vision d’enfer.
Il se prépare pourtant une nouvelle vie de l’Esprit et c’est la pensée situationniste romantisée qui peut en premier lieu annoncer son apparition et en créer les prémices, tandis que d’autres, dans une résistance impuissante, restent collés au passé.
Mais la pensée situationniste romantisée en le reconnaissant comme ce qui est éternel, doit présenter son éloge décisif.