L’enfer du décor


Guillotin, côté écran : le gentil garçon, l’amuseur, celui qui fait rire des millions de gens.
Côté réel : la violence, l’emprise, la souffrance infligée pendant des années.

Le spectacle ne ment pas seulement par ce qu’il montre, il ment aussi par ce qu’il rend invisible.

La marchandise se présente sous son aspect heureux : joueuse, pratique, désirable. Elle ne montre ni les mains qui la produisent, ni les vies qu’elle consume, ni les dégâts qu’elle laisse derrière elle.

La publicité ne vend pas seulement des objets, elle vend surtout l’oubli de leurs conditions de production.

Le spectacle transforme l’exploitation en abstraction, la misère en hors-champ, le réel en déni. Il donne à l’enfer les apparences du paradis.