Dressage du spectateur.

Le spectacle n’a plus besoin de masquer la violence. Il l’exhibe, l’administre.
Il en tire sa légitimité.
La cruauté contemporaine n’est pas un accident politique, elle est le rendement normal d’un monde gouverné par la visibilité.
Le moment Trump n’est pas une monstruosité extérieure au système.
C’est sa forme adéquate.
Là où le spectacle devient honnête avec lui-même.
Debord avait décrit une domination par l’image.
Nous vivons désormais une domination par la jouissance de l’image.
La violence n’est plus seulement montrée : elle est scénarisée pour produire de la sidération, puis de la complicité.
Anders l’avait annoncé : nous sommes devenus inférieurs à nos propres productions.
Les dispositifs que nous avons fabriqués excèdent notre capacité à y répondre.
Le spectateur était passif, il est présentement dressé.
L’indignation elle-même est programmée, mesurée, recyclée.
Le regard est devenu une force productive.
La cruauté spectaculaire ne choque pas : elle forme  le néo-humain.
Un être capable de tout voir, mais incapable d’interrompre.