« Otan en emporte le vent des steppes : nous voici arrivés à ce
point de bascule où doit irréversiblement se dessiner la forme
définitive de la société du spectacle ; la concurrence est rude,
alors que le résultat est certain. Car si l’on fait croire aux
assujettis qu’ils sont encore peut-être un petit peu dans un
monde que l’on a fait disparaître, et que les gouvernants euxmêmes souffrent de plus en plus gravement de
l’inconséquence de s’y croire encore par quelques côtés, ces
aveuglements volontaires ne se prolongeront pas beaucoup.
On ne doit pas croire que puissent se maintenir durablement
comme archaïsme utile, dans les environs du pouvoir réel,
ceux qui n’auront pas assez vite compris toute la plasticité des
nouvelles règles de la domination, et son espèce de grandeur
barbare. Le destin du spectacle n’est certainement pas de finir
en despotisme éclairé. »
Le point essentiel aisément confirmé de l’analyse de 2022 (voir le texte diffusé à l’époque) est la lutte impitoyable des spectacles rivaux pour imposer la forme adéquate au spectaculaire apocalyptique dans lequel le monde est précipité.
Davantage de concentration autour des valeurs sûres – burgers géants falsifiés, machisme assumé et grosses cylindrées – dans le spectacle diffus et beaucoup plus de diffusion du spectacle concentré partout – militarisation à tous les étages et dans toutes les têtes.
Sur ces points, Trump et Poutine et les autres s’accordent ; leurs oligarchies et leurs mafias avec : bunkeriser le spectacle final, tel est l’objectif.
Pour cela, il faut presser plus fort que jamais le citron, c’est-à-dire en premier les peuples effarés, devant qui l’on agitera à grand frais le spectre de la guerre – il ne sera magiquement plus question de réduire les dettes – et en second la planète, pour ce qui peut encore en être exploité, pour le confort des vedettes glacées en tous genres, juste avant l’implosion finale.
