La simulation comme norme de vie.




On se demande, pour s’en inquiéter – ou pour s’en réjouir -, si les robots ne vont pas devenir humains, vu qu’ils algorithmisent plus et mieux que nous, et que tout, dans le monde de l’intérêt et du calcul, est fait pour nous persuader que nous ne sommes rien de plus et de mieux que des algorithmes.


D’ailleurs même nos émotions et nos pensées profondes ne seraient, parait-il, que des algorithmes, d’ailleurs parfaitement simulés par les robots high Tech, ce qui n’est en fait pas trop compliqué, vu que la plupart d’entre nous ne survivent, dans le monde de l’intérêt et du calcul, qu’en simulant de vivre leur vie, du réveil jusqu’aux  premières insomnies.


Du coup, se demander si les robots ne vont pas devenir humains sera, prochainement peut-être, une question obsolète, car la vraie question est déjà plutôt de savoir si les humains ne sont pas en train – à grande vitesse – de devenir des robots.


Ainsi se produit sous nos yeux un prodigieux renversement ; alors que les robots ne font que copier et amplifier la part mécanique de nos comportements, nous voici chaque jour un peu plus instamment invités à copier nos copies, sachant que nous ne parviendrons jamais à les égaler.


De sorte que la question ne sera bientôt plus de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants, mais bien quels robots allons-nous laisser au monde.