Les jeunes des banlieues ont le droit de manifester contre les humiliations, les brimades, les discriminations, les exclusions, les harcèlements, les violences, les assassinats – à condition de supporter calmement le tout, que ce soit en manifestant ou dans la vie quotidienne.
La violence de l’argent, de la dépossession, de la pauvreté, de la grisaille, du mépris doit être supportée et le système respecté, puisqu’il est garanti par la constitution, les élections et les débats télévisés.
Il n’y a donc aucune explication ni signification à ce que certains vivent l’école comme une usine à inégalités, les centres culturels comme des espaces hors-sol, les transports en commun comme convois de déportation et les vitrines comme miroir de l’insatisfaction.
L’usage des blindés est donc justifié.