L’alchimerde ne prend que si l’on s’y prête.

Que le politicien Adrien Quatennens, malgré – ou plutôt avec – ses beaux discours contre les violences faites aux femmes violente la sienne devrait suffire à finir de décrédibiliser tous les beaux discours de tous les politiciens. D’autant qu’il n’est ni le premier, ni le dernier, quel que soit le bord politique.

On peut d’ailleurs généraliser au-delà des politiciens, tant la violence exercée par des hommes à l’endroit des femmes est au fondement de nos sociétés machistes et patriarcales. Tout le monde le sait.

Et l’on peut même considérer que cette violence, ce machisme, sont des schémas relationnels, des paradigmes comportementaux profondément ancrés et intériorisés chez beaucoup d’hommes – de préférence accompagnés de beaux discours, dans la présente société de l’apparence mensongère.

Cependant, d’une part il existe quand même des hommes qui, de par leur trajectoire à part, l’enfance qu’ils ont vécue, les parents qu’ils ont eus (ou non pas eus), sont dépourvus de tout machisme, de toute velléité dominatrice. Nous en avons connus.

Il en existe d’autres, déjà plus nombreux, qui en sont assez peu affectés, de par les heureuses rencontres qu’ils ont faites, de par de saines dispositions naturelles qu’ils ont pu ou su préserver, etc. Nous en avons rencontrés.

Il en existe encore d’autres, encore un peu plus nombreux, qui ont assez de conscience, d’humanité, de courage, de sensibilité, d’honnêteté, pour se défaire de ces tendances aliénantes, oppressives ; de cette déchéance. Nous en rencontrons encore.

Ceux-là ne s’en sont pas défaits ou ne s’en défont pas par postulat, posture, discours, mais existentiellement – réellement.

Toutes ces personnes émancipées, évadées ou s’évadant des schémas machistes ont bien raison de ne pas s’y identifier, comme de refuser qu’on les y ramène, pour la seule raison qu’ils seraient des hommes, donc des males, donc le mal.

Il est certes vrai que cette société espère bien nous mouiller dans ses pratiques, et nous persuader qu’on est tous dans le même bain, c’est-à-dire dans la même merde. Peut-être, mais qui tombe à l’eau ne devient pas de l’eau, et être dans la merde n’implique pas d’être de la merde.

C’est justement parce qu’une part (quantitative et qualitative) de l’humanité ne se réduit encore et toujours pas à ce qui l’aliène, et qu’elle le sait, que cette société de merde a encore et toujours du souci à se faire. Et c’est bien sûr depuis cette part d’humanité invaincue, que nous pouvons encore et toujours ne pas nous identifier ou nous réduire à cette merde – et cesser de la reproduire.

L’alchimerde ne prend que si l’on s’y prête.

Photo : Vansh Sharma.