« Alors que les constats de Guy Debord et ses camarades situationnistes ne cessent de s’avérer pertinents, ce court essai propose justement de passer notre présent au crible des concepts de spectacle, de séparation, de fétichisme de la valeur et d’aliénation. Non seulement dépoussiérage de l’héritage situationniste, ce livre précise aussi les contours d’une théorie révolutionnaire de certains aspects désormais centraux de la critique radicale du mode de production capitaliste : technologie, identités, travail aliéné… et propose même un détour, tout aussi inattendu qu’entrainant, par le concept polynésien de fiu (cette inertie naturelle de l’être qui contrevient à la productivité). »
La Rumeur des crêtes 17, avenue Gambetta 84160 Cadenet
« Baudelaire de rien, voici advenu le spleen étendu de la terre jusqu’aux cieux – Et de longs corbillards – incessant tintamarre – défilent lentement – dans nos âmes ; Spartacus, vaincu, pleure – L’Aliénation a partout planté son drapeau gris sur des déserts téléchargés – comme sur les cranes inclinés – connectés aux couleurs du néant. » Remède à tout.
Vous trouverez en PDF ci-dessous quelques extraits du livre.
Il est maintenant présent dans de nombreuses librairies et peut être commandé dans presque toutes – ou directement chez l’éditeur sur cette page : Bon de commande
où vous trouvez également la Table des matières ainsi qu’un petit entretien avec les auteurs.
Chapitre 1 La question centrale. Où l’on démontre que : • Marx a nettement sous-estimé la destructivité du capitalisme. • Marx a néanmoins correctement estimé l’aliénation. • À la suite de Marx, les situationnistes ont correctement posé la question centrale. • La question centrale n’est pas secondaire, quand bien même les questions secondaires sont devenues centrales.
Chapitre 2 La société du spectacle et ses ennemis. Où l’on démontre que : • Les situationnistes étaient modérément technophiles. • La société est avant tout et en dernière instance spectaculaire, et seulement conséquemment techniciste et industrielle. • Le « coup du monde » n’est rien de technique. • Ellul aurait mieux fait de devenir situationniste (et ce n’est pas un détail).
Chapitre 3 L’économie n’existe pas. Où l’on démontre que : • La valeur, qu’elle soit d’usage, d’échange ou d’autre chose, est le monde moins le monde. • L’économie est la diversion suprême. • Lorsque le savoir séparé a tout séparé, l’or s’est couché sur le monde. • Le travail, c’est capital (et ce n’est pas de la novlangue).
Chapitre 4 L’humanité n’existe toujours pas. Où l’on démontre que : • Chacun est tissé de tous les autres sous un motif jamais le même. • Le temps est une invention des hommes incapables d’aimer. • Au commencement est l’anarchie. • La vie doit tout remplacer.
C’est blanc, avec de la poussière, peut-être une scène de manif, les gens crient, c’est encore une scène très violente, le bas de gamme quoi.
Depuis le temps que je traîne là-dedans, je tourne à l’angle d’une rue, ça devient rose, puis violet, un type s’approche de moi, je le connais mais je ne sais plus dans quelle strate de ma conscience il se trouve.
Le type me parle mais je n’entends rien, le son est coupé, ce n’est pas un amant, pas un proche, sinon je pourrais peut-être accéder au son sans payer.
Mais là, non, je n’ai pas payer ma facture, donc que dalle, j’entends rien.
Je souris bêtement, ça le navre on dirait, j’entends rien mais je devine, il prêche la bonne parole, quelque chose du style, l’humanité est en danger, il faut fuir, c’est catastrophique, il s’énerve tout seul.
Je crois qu’il représente un parti politique ou un truc du style. Il déballe des tracts, les colle sur les murs.
Et puis il se fatigue de parler comme ça à une sourde, il se casse, je suis toujours au milieu de rien, beaucoup de fumée, des trottoirs, du bitume, je marche sans penser, il n’y a pas beaucoup de choix dans mon programme mais quand même, j’ai gardé une puce avec des options.
Je la sors, c’est l’image de l’image, ce que tu aimes de toi, ce qui te rassure, je me dis, « ça va me faire passer un p’tit moment », j’ouvre le programme.
Je vois l’image, c’est moi, on en est tous réduit à ça, à consommer notre propre image, et encore ça te pompe plein d’énergie d’un coup, c’est tout un récapitulatif de ta vie, une sorte de petit film perso, avec des gros plans, des moyens plans, des scènes d’amour réelles ou rêvées, ils mettent un peu des deux, pour faire plus exaltant….