Toi qui viens après.


Écoute,
Même lorsque tout semble perdu, lorsque les forces en place ont tout corrompu, tout retourné, tout acheté, tout falsifié — il reste une joie, un abri, une vérité : contester.
Contester radicalement, non pas en paroles vides, mais en actes, en tenue, en clarté intérieure.
Contester l’organisation mensongère du monde, non parce qu’on espère en tirer victoire, mais parce qu’on ne veut pas y consentir.
Refuser d’être complice, même par lassitude, même par ironie, même par fatigue.
Et souviens-toi de ceci : il ne suffit pas de s’indigner.
La révolte véritable commence par soi. Elle exige que tu sois juste. Que tu sois vrai. Que tu sois bon.
Pas bon au sens des moralistes. Bon au sens de celui qui cherche à s’améliorer sans fin, qui affine sa conscience comme on aiguise une lame.
Alors, tu deviendras autre chose qu’un rouage ou un spectateur : une perle du vivant, une étoile de l’univers.
Car honorer la vie, aujourd’hui, c’est résister à ce qui l’humilie.
Tu ne seras pas du côté des vaincus.
Tu seras du côté de ceux qui ont tenu. Ce sont les vrais vainqueurs.