Au milieu des places boursouflées
Par les flammes et les langueurs
Des armes lacrymales,
S’élèvent en colonnes éblouissantes
(Sans crier gare)
Deux ou trois rêves
Soudainement apparents
Lancés dans la mêlée.

Si les tonfas les matraquent
Rappliquent à tout va
Pour les rabattre à terre
Nous les voyons, nous, inouïs, qui tiennent bon !
Ils dominent d’une aura incontestable ;
Qui est placé devant ne peut taire
Cette présence à tous singulière
Pourtant à nos sens si familière.
L’avions-nous prémédité
Au milieu des hourras, des prières,
Des clameurs dernières,
Derrière les masques et les raideurs
Des corps crispés ou fiers
S’arrangeant d’un destin sans césure ?
Deux ou trois visions fugaces
(Héroïques !)
D’une joie mélangée
Qui s’incarnent au milieu des tourments en volutes
Et voilà que nul casque à visière
Ne saurait entraver notre conquête lumineuse
Qui pourtant bute fatalement
Au milieu d’un destin esseulé.
Les visions incarnées suivent leur voie
(Elles le doivent nécessairement)
Jusqu’au prochain remous
Après le ressac
Et revigoreront encore la marée de colère
Qui dans son battement implacable,
Inaltérable,
Déferlera en un ultime mouvement altier,
Inénarrable lorsqu’il s’achève.
