L’indispensable complément mental de la société du spectacle : faire de la vie un puzzle sans solution et s’en réjouir.

« VENT DEBOUT CONTRE LE MAL FRANÇAIS
Critique de la philosophie postmoderne et de ses effets sur la pensée critique et sur la pratique révolutionnaire. »

Un texte de Miguel Amorós.

Deux extraits :

« Au lendemain d’une telle orgie de déconstruction, aucune valeur ni aucun concept universel ne tiendrait plus debout : être, raison, justice, égalité, solidarité, communauté, humanité, révolution, émancipation… seront tous qualifiés d’ « essentialistes », c’est-à-dire d’abominations « pro-natura ». »

« Compte tenu de leur caractère ambivalent et malléable, les syllogismes liquides de la postmodernité ont rempli la caisse à outils de toute espèce d’idéologues du vide, des citoyennistes les plus caméléonesques aux anarchistes les plus à la page. »

Photo : Magda Ehlers.

A venir.

Nul repère sur la terre comme au ciel. Cernés de toutes parts. Dépendants comme jamais. Impuissants. Sans autres horizons que l’effondrement déjà là. Le tout suréquipé : câblés, chiffrés, programmés, formatés. Sous un déluge de feu et de faux. Le monologue sans réplique de la société du spectacle. Le défilé télévisé ininterrompu des privilégiés de la corruption, des élus de la falsification, des mercenaires lourdement équipés de leurs éléments de langage. Le mensonge matérialisé et diffusé, ingéré en injections toxiques à hautes doses industrielles. Le pouvoir d’achat ? Le pouvoir des achats : faire de chacun l’expert comptable de sa propre liquidation existentielle. Nausées silencieuses. Alexithymie généralisée.

Et dedans un abri. Une roche étincelante. Les pas d’un enfant. La nouvelle sérénité prend la forme d’un sourire. Quelque chose a fait mieux que résister. Il n’y a pas encore les mots qu’il faut, pas vraiment. Tout en esquisses et esquives. Quelque chose d’entièrement nouveau. Presque rien et tout y est.

Photo : Bob Price.

Homo industrialis, ou le culte funeste de l’artificiel (PDF).

Notre angle de lecture : La technocène et sa mise en scène anthropique.

La masse de l’artificiel dépasse désormais celle de la totalité du vivant. À noter qu’il s’agit de la masse physique. Quant à l’emprise symbolique, depuis tant de si beaux progrès auxquels nous a habitués la société du spectacle, elle dépasse encore beaucoup plus ce qui pouvait rester de saisie naturelle. C’est la quasi-totalité des comportements, des perceptions, des émotions, des pensées et des actes qui sont désormais avantageusement formatés par l’artifice.

Le problème n’est donc pas de savoir si une société du spectacle verte, durable, démocratique, est possible, mais c’est que si elle l’était, elle serait encore plus spectaculaire ; encore plus mensongère, encore plus aliénante.

Et le fait qu’elle se soit de toute façon définitivement coupée de cette possibilité tout en laissant encore croire que non, est précisément ce qui caractérise le moment spectaculaire qui nous contient : ce leurre que le spectateur écologiquement informé consomme à toutes les sauces médiatiques, publicitaires et politiques possibles.

La conscience aliénée parvenue à ce stade n’est pas superficiellement fausse, mais faussement conscience, véritable hypnose.

C’est cette pollution/falsification/substitution/destruction de la conscience qui constitue le péril fondamental qui menace l’espèce humaine.

Dans cette perspective, l’industrialisation forcenée du monde n’est pas la fin mais le moyen de l’asservissement, de la falsification et de la dénaturation de tout.

De même, la menace écologique, aussi démente soit-elle, n’est qu’un aspect collatéral de la déshumanisation radicale, de la zombification planétaire.

La société du spectacle vise partout et en tout et avant tout l’autonomisation et la domination complète du faux irréversible.

La critique du spectacle est plus que jamais la condition première de toute critique radicale.

Photo : LeBoutillier.

La vérité sur la « valeur travail ».

La voilà :
L’avortement des rêves, la décapitation des horizons, la réduction des actes et des pensées, l’encagement des corps, la mercantilisation des désirs, l’appauvrissement du vécu, la mécanisation des jours, la falsification des produits, l’aliénation des relations, le dessèchement généralisé de l’humanité.
« La meilleure des polices » résumait Nietzsche.

Miettes pour pigeons.

The truth about « work value ».


Here it is:
The abortion of dreams, the decapitation of horizons, the reduction of acts and thoughts, the encagement of bodies, the mercantilization of desires, the impoverishment of life, the mechanization of days, the falsification of products, the alienation of relationships, the generalized drying up of humanity.
« The best of the policies » summarized Nietzsche.

Aliénez-vous les uns les autres.

La société du spectacle est la religion de l’image. L’image est son identité et son idolâtrie : le modèle autoritaire devant quoi se prosternent les citoyens des cités d’illusion et le mystère public de leurs vies marchandisées. Les rivalités dans l’affichage de leurs panoplies est leur seule communion. Leurs misérables vedettes sont les prêtres et les gestionnaires du dogme mimétique qui organise la célébration du mirage existentiel dont le besoin leur tient lieu de vie.

Barcelone 2022. Section internationale de dérive psycho-émotionnelle.