De quoi la parade vaccinale est-elle le symptôme ?

En moins de deux siècles le capitalisme a dévasté la planète et dérèglé la totalité des relations vivantes.

Ce faisant, il a certainement manifesté la puissance ingénieuse de l’espèce humaine, mais sous le seul trait de l’impérialisme technoscientifique.

De sorte que l’espèce humaine se dresse avec toujours plus d’hostilité face à la totalité naturelle, que ni la technique ni la science ne sauraient réduire, et que celle-ci le lui rend bien, sous la forme de catastrophes en tous genres.

Un virus comme le Covid 19 fait bien évidemment partie de ces catastrophes, qu’il ait été directement ou indirectement produit ou simplement induit par le développement industriel et totalitaire de la technoscience.

En bref, plus l’emprise technoscientifique s’étend, plus elle dévaste et dérègle tout, plus augmentent alors les catastrophes, sur lesquelles il devient impérieux d’étendre l’emprise technoscientifique, parce qu’elle est la seule réponse concevable par le système, réponse dont la logique exclusive et excluante augmentera toujours plus le dérèglement de tout. Et ainsi de suite.

Pour faire face à l’hostilité « naturelle » qu’elle a elle-même produite ou induite, l’emprise technoscientifique doit devenir elle-même toujours plus agressive, et pour finir plus intrusive.

Sa seule perspective finale, totalement utopique, est la mise au pas progressive de la nature, du génome en particulier, et de l’humanité, de la liberté en particulier.

La science séparée doit tout contrôler, la technique séparée doit tout remplacer.


En suivant cette logique sécessionniste, qui est la seule à sa portée, le système parvient à soulager temporairement le mal, mais toujours en l’aggravant.

C’est évidemment aussi dans cette logique que s’inscrit la parade vaccinale : parade dans les deux sens du terme : à la fois mise en scène spectaculaire et arme de défense ponctuelle.

On fera donc sans doute reculer un virus, mais aussi la naturalité des défenses immunitaires ; on préservera ainsi le paradigme économique mortifère, qui libérera demain d’autres virus.

Le remède temporaire doit simplement permettre au système de durer, induisant des situations toujours plus chaotiques, nécessitant une emprise technoscientifique accrue, nécessairement assortie d’un contrôle sociétal toujours plus poussé, dont la légitimité autoritaire n’échappera pas au plus grand nombre, puisque toute emprise sur sa propre vie lui a, depuis longtemps déjà, été démocratiquement retirée.

Aucune alternative réaliste n’est possible à ce scénario à marche forcée, sinon de sortir clairement du paradigme technoscientifique, ce qui n’est pas une mince affaire, car cela engage non seulement la totalité des formes sociétales connues, mais aussi et surtout – et avant tout – une transformation en profondeur de notre philosophie existentielle. Le totalitarisme technoscientifique dont nous vivons les aimables commencements exige une rupture civilisationnelle radicale à côté de quoi la Renaissance a quelque chose d’anecdotique.

Les diverses oppositions et résistances à ce qu’on appelle présentement la « dictature sanitaire » traduisent confusément cette prise de conscience de la nécessité d’une rupture radicale : rupture qui, pour devenir effective, devra s’opérer dans la plus profonde intimité des consciences.

S’il est vrai que « sous le spectaculaire intégré, on vit et on meurt au point de confluence d’un très grand nombre de mystères » (Debord), la réappropriation de nos vies commence par la re-création du sens de la vie.

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What is the vaccine parade a symptom of?

In less than two centuries, capitalism has devastated the planet and disrupted the totality of living relationships.

In doing so, it has certainly manifested the ingenious power of the human species, but only in the form of techno-scientific imperialism.

In this way, the human species is increasingly hostile to the natural totality, which neither technology nor science can reduce, and the latter returns it well, in the form of catastrophes of all kinds.

A virus like Covid 19 is obviously part of these catastrophes, whether it has been directly or indirectly produced or simply induced by the industrial and totalitarian development of technoscience.

In short, the more the techno-scientific hold extends, the more it devastates and disrupts everything, the more the catastrophes increase, on which it becomes imperative to extend the techno-scientific hold, because it is the only answer conceivable by the system, an answer whose exclusive and excluding logic will always increase the disruption of everything. And so on.

To face the « natural » hostility that it has itself produced or induced, the techno-scientific hold must itself become ever more aggressive, and finally more intrusive.

Its only final perspective, totally utopian, is the progressive control of nature, of the genome in particular, and of humanity, of freedom in particular.

Separate science must control everything, separate technology must replace everything.

By following this secessionist logic, which is the only one within its reach, the system succeeds in temporarily alleviating the evil, but always by aggravating it.

It is obviously also in this logic that the vaccine parade fits in: a parade in both senses of the term: both a spectacular staging and a punctual defense weapon.

We will undoubtedly reduce a virus, but also the naturalness of the immune system; we will thus preserve the deadly economic paradigm, which will release other viruses tomorrow.

The temporary remedy must simply allow the system to last, inducing ever more chaotic situations, requiring an increased techno-scientific hold, necessarily accompanied by an ever more advanced societal control, the authoritarian legitimacy of which will not escape the majority of people, since any hold on their own lives has, for a long time already, been democratically withdrawn.

No realistic alternative is possible to this forced march scenario, except to clearly leave the techno-scientific paradigm, which is no small matter, because it involves not only the totality of the known societal forms, but also and above all – a profound transformation of our existential philosophy. The techno-scientific totalitarianism of which we are living the pleasant beginnings requires a radical civilizational rupture, beside which the Renaissance has something of anecdote.

The various oppositions and resistances to what is currently called the « sanitary dictatorship » are a confused expression of this awareness of the necessity of a radical rupture: a rupture which, in order to become effective, will have to take place in the deepest intimacy of consciousness.

If it is true that « under the integrated spectacular, we live and die at the confluence of a great number of mysteries » (Debord), the reappropriation of our lives begins with the re-creation of the meaning of life.