Le désastre climatique est le produit d’une organisation sociale fondée sur la séparation des individus d’avec les conditions réelles de leur existence et la mise en spectacle permanente de cette séparation. C’est pourquoi le désastre ne peut apparaître qu’en se dédoublant continuellement dans un flux d’images consommables, dont la fonction est de dominer, puis d’absorber, l’expérience directe.
Les accessoires habituels de la domination douce : l’ego, l’inconscient, les blocages.
Chaque objection est recyclée en confirmation. Si l’on acquiesce, on lui donne raison. Si l’on conteste, c’est l’ego qui parle. Le système ne comporte aucune possibilité de réfutation.
L’autorité brutale rencontre des résistances. L’autorité « énergétique » bénéficie d’un préjugé favorable. Elle s’annonce comme une libération alors qu’elle commence par une dépossession. Quelqu’un d’autre prétend savoir de source infaillible ce qui se passe en vous.
La petite industrie new age prospère sur cette inversion. Elle transforme l’ignorance en intuition, le cliché en révélation, l’affirmation gratuite en profondeur psychologique. Un stock limité de notions vagues permet de produire une quantité illimitée de diagnostics.
Quelques phrases convenues, un vocabulaire pseudo-profond, et la domination peut suivre son cours sous les apparences de la bienveillance.