Sous les canons fumants,
Dans les gravats tonnants,
Résonne pour l’éternité
Des temps déjà éprouvés
Le retour formel à l’état archaïque
(Signe prémonitoire bouclant sa fin)
La totale dégénérescence de la société capitaliste…!
Effacement de tous les rôles populaires !
Évidement de tous les espoirs lunaires !
On mitraille à grands coups de bassesses –
Hommes de ruines aux yeux pailleux lâchant des bombes par papelard interposé –
Tout ce qui ira à l’encontre des désirs d’ogres rageux.
Ravalement patriotique de la scène des mécènes
Ruissellement de rigole des richesses
La marche égomaniaque des négociateurs autocongratulés fait vaciller
Le grand Marché des directives sur les vies –
Imprévisibilité annoncée des actions radicales pour le contrôle et la circulation du capital !
Divergences « civilisationnelles »
Ou discordes savamment obsessionnelles
On se plume jusqu’à la farce sans rire –
Allocutions postiches pour entreprises impérialistes de niche sans plaintes recevables au tribunal théâtral des discours ventripotents.
On pourrait parlementer encore longtemps
(En vain)
Au milieu de ces turpitudes assidues
Et convaincre un ou deux cœurs sains
Mais à quoi bon se gausser ou se raconter ici ce que tout un chacun sait mieux que personne :
Dit en hurlant d’un air savant – le capitalisme c’est le commerce triangulaire, les guerres impérialistes d’aujourd’hui et d’hier, les conquêtes coloniales et les déportations au bagne, les agrefins qui parviennent coûte que coûte à leurs fins – et enfin ! les futures guerres de la faim.
Au front tous les jours sans le savoir
On lutte à corps perdu contre la machine à broyer
Ou l’amas facile des capitaux des capitaines qui naviguent à vue sur le dos suranné des esclaves modernes.
On traîne sa carcasse jusqu’au soir
Oubliant le jour passé qui n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir prêt à recommencer
Avant de passer à l’ouverture des hostilités éthyliques –
Complots de plomb ourdis dans les conciliabules comicothymiques à l’ombre du coma vespéral.
Lutter
Lutter encore
Lutter plus que jamais !
Enrayer la machine à broyer –
Gravés sont ces mots jetés sur notre conscience de vélin
Contre les matinées d’effroi parasitaire qui s’échinent à effacer les rêveries indolores de la veille.
