Nous publions un long texte que nous avons reçu. Il parle du rêve, des rêves :
« Peut-être ne rêvons-nous pas… Peut-être rentrons-nous. »
Nous trouvons ce texte beau, intense, pénétrant.
Que nos rêves soient de plus en plus beaux !

Nous publions un long texte que nous avons reçu. Il parle du rêve, des rêves :
« Peut-être ne rêvons-nous pas… Peut-être rentrons-nous. »
Nous trouvons ce texte beau, intense, pénétrant.
Que nos rêves soient de plus en plus beaux !

Ce qu’il y a encore à aimer.
– Le visage de quelqu’un qui vous écoute vraiment.
– Une main qui ose se tendre.
– Le silence partagé sans gêne.
– Un arbre vieux de plusieurs siècles, debout malgré tout.
– Les animaux qui ne jugent pas, ne trahissent pas.
– L’enfance.
– La lumière dorée d’un soir, qui n’attend rien.
– Les livres qui parlent comme s’ils vous connaissaient.
– Le rire rare mais sincère, venu de n’importe où.
– La pluie sur le toit quand on est à l’abri.
– Le vent ou l’herbe ou la fleur.
– Le regard d’un inconnu qui comprend quelque chose.
– Les visages dans les tableaux, qui survivent au temps.
– Les mots qui atteignent juste.
– Les choses simples qu’on croyait perdues.
– L’amour qu’on donne et celui qu’on nous donne.
– Nos proches.
Ce qu’il y a encore à apprécier.
– La lenteur.
– Le goût du pain chaud.
– Une musique oubliée qu’on reconnaît au premier accord.
– Un matin sans obligation.
– La marche libre.
– L’air sur le visage après des heures enfermé.
– La justesse d’un geste.
– Une conversation sans masque.
– La fatigue après l’effort, quand elle est bonne.
– Le café chaud, les mains autour.
– La possibilité de se taire en souriant.
– L’odeur de l’humus.
– La présence d’un animal calme.
– Les couleurs après la pluie.
Et mille autres petites ou grandes choses.
Ce qu’il y a encore à espérer
– Une paix qui serait force et sagesse.
– Une rencontre improbable, jamais impossible.
– Une œuvre à faire, lente, libre.
– Une tendresse qui ne s’use pas.
– Une lueur dans les yeux.
– Un lieu protégé.
– La guérison lente, mais réelle.
– Le retour d’un souffle.
– Le surgissement de la beauté, là où on l’avait exclue.
– Une lucidité qui ne désespère pas.
– Une parole qui donne du courage sans illusion.
– Des retrouvailles.
– Des recommencements.
– Le soleil après la pluie, la joie nouvelle qui efface la tristesse ancienne.
Ce qu’il y a encore à éprouver.
– L’émerveillement devant la nature.
– La gratitude.
– L’élan d’un instant qui emporte le poids des jours.
– Le soulagement d’être compris, ne serait-ce qu’une fois.
– La joie d’apprendre.
– L’émotion face à quelque chose de pur, d’irréductible.
– L’intimité bien à soi.
– Le goût du monde quand on revient de loin.
– La surprise d’aimer quelqu’un qu’on n’attendait pas.
– La sensation de recommencer, même tard, à neuf.
Et surtout : l’irréductible vie.
La vie n’est pas ce que le monde marchand appelle « la vie ». Ce n’est pas la réussite, ni l’adaptation. Elle résiste dans un poème, une pensée sans oeillères, une colère juste. Elle s’accroche dans la pousse fragile d’une plante, dans un regard d’animal, dans l’audace des projets recommencés.
Elle est irréductible. Elle est tenace, indocile.
Elle est lueur, flamme, qu’un seul souffle peut toujours rallumer.

Israel knew. Not only did the Israeli security apparatus have the means to anticipate a Hamas offensive, but it also had a vested interest in seeing it happen. For years, the Israeli state has preferred to bolster a caricatured, Islamist, authoritarian enemy rather than allow the emergence of a credible, secular Palestinian representation capable of dialogue. Hamas, through its brutality, religious rhetoric, and strategic disregard for civilian lives — including Palestinian ones — serves this function perfectly. By maintaining this useful monster, Israel has ensured it never has to negotiate with a viable peace partner, while justifying the endless expansion of settlements and punitive bombings.
Hamas knew too. It knew that any attack on Israel would trigger a massive retaliation, that the Israeli army would strike Gaza without restraint, that thousands of civilians — trapped in a blockaded territory — would be obliterated in general indifference. But this organisation, founded on a logic of sacrifice, does not pursue the liberation of a people, but the perpetuation of its own domination over them. Let Gaza burn, as long as its authority endures. Let the children die, as long as the flag stays raised.
And meanwhile, the governments of the world look on. They watch, occasionally condemn, mourn in measured tones — and then sign new arms deals, renew cooperation agreements, and speak of one side’s “right to defend itself” and the other’s need for “restraint.” Global diplomacy, frozen in cynicism, has accepted that the Palestinian people remain in a state of chronic agony, collectively punished for existing in the wrong place. Every act of international inertia, every toothless statement, every complicit abstention contributes to this slow, bureaucratic, and methodical crime — one still referred to as a “conflict” for fear of naming the actual project: erasure.
La cage, les barreaux et les bourreaux.
Israël savait. Non seulement l’appareil sécuritaire israélien avait les moyens d’anticiper une offensive du Hamas, mais il avait également intérêt à ce qu’elle survienne. Depuis des années, l’État israélien a préféré consolider un ennemi caricatural, islamiste et autoritaire, plutôt que de permettre l’émergence d’une représentation palestinienne crédible, laïque, et capable de dialogue. Le Hamas, par sa brutalité, sa rhétorique religieuse et son mépris stratégique pour la vie des civils — y compris palestiniens — remplit parfaitement cette fonction. En entretenant ce monstre utile, Israël s’est assuré de ne jamais avoir à traiter avec un partenaire de paix, tout en justifiant indéfiniment l’expansion coloniale et les bombardements punitifs.
Le Hamas savait aussi. Il savait que toute attaque contre Israël entraînerait une riposte de grande ampleur, que l’armée israélienne frapperait Gaza sans retenue, que des milliers de civils, prisonniers d’un territoire sous blocus, seraient pulvérisés dans l’indifférence générale. Mais cette organisation, fondée sur la logique sacrificielle, ne poursuit pas la libération d’un peuple, mais la perpétuation de sa propre domination sur lui. Que Gaza brûle, pourvu que son autorité s’y maintienne. Que les enfants meurent, pourvu que le drapeau reste levé.
Et pendant ce temps, les gouvernements du monde regardent. Ils regardent, condamnent parfois, s’attristent à mots comptés — puis signent de nouveaux contrats d’armement, reconduisent les accords de coopération, et parlent de “droit à se défendre” pour l’un, de “modération” pour l’autre. La diplomatie mondiale, pétrifiée de cynisme, a accepté que le peuple palestinien soit maintenu dans un état d’agonie chronique, puni collectivement pour avoir existé au mauvais endroit. Chaque inertie internationale, chaque déclaration sans effet, chaque abstention complice contribue à ce crime lent, bureaucratique et méthodique, que l’on continue d’appeler “conflit” faute de vouloir nommer le projet : effacement.
Maintenant que le monde a cessé d’être interprété pour être transformé, il ne reste plus qu’à transformer l’humain en pièce interchangeable du monde réinterprété.
Reçu au courrier :
Cher Observatoire situationniste,
Je suis Giselle Taylor d’ASICETECH, une entreprise spécialisée dans les produits technologiques innovants. Nous suivons votre chaîne depuis un certain temps et apprécions particulièrement votre contenu – votre style et votre audience correspondent parfaitement à notre marque.
Nous sommes sur le point de lancer de nouveaux écouteurs Bluetooth passionnants, et nous aimerions vous inviter à être parmi les premiers à les tester. Vos retours nous seraient extrêmement précieux (totalement gratuit).
Dans l’attente de votre réponse,
Cordialement,
Giselle Taylor
🌐 Pôle d’Innovation ASICETECH
Réponse :
Chère Madame Taylor,
Vous dites apprécier notre style. Je vous crois : il est probable qu’à défaut de l’avoir compris, vous l’ayez confondu avec l’un de ces « contenus » qui servent à huiler la mécanique du monde. Mais voici l’ennui : notre style n’est pas soluble dans le vôtre.
Vous proposez des écouteurs. Nous préférons entendre ce que le vacarme de votre époque cherche à recouvrir. Vous parlez d’innovation ; nous documentons la ruine qu’elle propage sous ses paillettes.
Nous vous remercions donc de votre proposition, que nous rejetons avec la courtoisie d’une époque disparue, et le soupçon d’une lucidité encore vivante.
Observatoire Situationniste
Quel été ! Quelle avalanche de textes. Quelques uns ne nous conviennent pas, on n’insiste pas mais merci pour les envois. D’autres si, mais on attend l’occasion propice. Et en interne, plusieurs sont maintenant finalisés ou en voie de l’être. Là aussi on prend le temps pour décider du moment et de la manière, PDF ou livres notamment.
Un nouveau souffle s’est installé. Dans quelque temps ( mois, années ?), le travail de l’observatoire sera terminé. Nous passerons à la suite, qui brûlera sans causer de brûlures.
Merci de votre attention, merci pour les soutiens, les échanges, les silences.
